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dimanche 5 mars 2017

Les politiques climatiques doivent tenir compte des conditions de vie des femmes rurales


La 22ème Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 22) s’est tenue à Marrakech, au Maroc, du 7 au 18 novembre 2016. 

Lors de ce sommet, diverses thématiques en relation avec les changements climatiques ont été à l’honneur, notamment la justice climatique. La Fédération des ligues des droits des femmes (FLDF) - section de Marrakech, a voulu saisir cette occasion pour rendre plus visible l’interaction entre le climat et le genre, condition indispensable pour améliorer les conditions des femmes dans la région de Marrakech-Safi.

La FLDF a mis en place en 2015 un pôle local d’acteurs de l’égalité femmes-hommes© dans la région de Marrakech-Safi. Ce pôle local intègre les autorités régionales, l’université, les associations et les médias autour des questions des violences contre les femmes. Grâce à cette expérience, la FLDF a aussi pu mobiliser toutes les parties concernées par les questions liées au climat.

En effet, les facteurs qui bloquent l’accès équitable des femmes aux ressources naturelles rendent leurs conditions de vie plus difficiles et aggravent les inégalités et discriminations basées sur le sexe. D’où l’importance de ne pas considérer le dérèglement climatique en tant que phénomène scientifique uniquement mais aussi en tant que phénomène social, économique et politique.

Afin que les responsables politiques prennent conscience des effets du réchauffement climatique sur les conditions de vie des jeunes filles rurales et d’élaborer des politiques climatiques plus sensibles au genre, la FLDF a développé une initiative de plaidoyer avant, pendant et après la COP22.

Les activités phares de l’initiative de la FLDF Marrakech :

1. L’organisation d’une « caravane » de sensibilisation le 06 novembre 2016 à Bouzergoune, village où la population, et surtout les jeunes filles, subissent les répercussions du réchauffement climatique. Un rapport a été élaboré afin de recenser l’étroite liaison entre la situation des femmes de ce village et les conséquences des changements climatiques. Outre des ateliers artistiques destinées aux enfants, la caravane a été une occasion pour discuter avec les habitants du village des conséquences du changement climatique.

2. Lors de la COP22, des actions de sensibilisation sur les conséquences néfastes du dérèglement climatique sur les femmes ont été organisées par les jeunes de l’Espace pour l’Avenir, membre de la FLDF ; la FLDF a pris part à plusieurs émissions radio et a contribué à la constitution de la Coalition des femmes méditerranéennes et africaines face aux défis climatiques (Medafrica genre et climat) qui revendique l’intégration de l’approche genre dans les politiques environnementales, et l’accès équitable des femmes aux ressources naturelles.

La FLDF a aussi monté un stand pour valoriser l’artisanat et les produits du terroir du Réseau femmes solidaires. Le Ministre de l’emploi marocain a rendu visite à ce stand, ce qui a permis d’aborder les obstacles rencontrés par les coopératives féminines pour commercialiser leurs produits, mais aussi le besoin de mesures politiques pour encourager la participation des femmes marocaines à l’économie.

Enfin, la FLDF Marrakech a présenté son expérience dans le domaine des activités écologiques génératrices de revenus ainsi qu’un documentaire sur la coopérative Isafarne pour faire connaître les femmes qui produisent des épices et des plantes aromatiques à Amezmiz.

3. Suite à la caravane de sensibilisation, une audience avec le président de la commune de Rahala a été tenue le 22 décembre 2016, pour présenter les résultats du rapport élaboré par la FLDF.

4. Organisation d’une conférence de presse en présence des acteurs du tissu associatif. Elle a mis l’accent sur les méfaits du changement climatique dans les zones rurales, notamment la pénurie d’eau, et la situation des jeunes filles victimes de l’abandon scolaire et du mariage précoce, grâce à la projection du documentaire « Le chemin de l’eau ».

Ainsi, l’initiative de la FLDF a atteint les objectifs suivants :
  • Prise de conscience des acteurs politiques locaux de l’importance de l’intégration de la dimension genre dans le programme d’action communal (PAC) et le plan de développement régional (PDR).
  • Sensibilisation des médias locaux et nationaux aux conséquences néfastes du réchauffement climatique sur la situation des femmes marocaines.
  • Confirmation de la FLDF, coordinateur du pôle local d'acteurs de l'égalité femmes-hommes de Marrakech-Safi, en tant qu’expérience pilote de mutualisation et de coordination des efforts de plaidoyer au niveau national.
  • Motivation du tissu associatif féministe à s’investir dans les questions en rapport avec le genre et le climat.
  • Sensibilisation de la population des communes rurales (douars) aux liens entre les questions écologiques et la parité entre les femmes et les hommes.
Dans les prochains mois, la FLDF sera en contact avec le président de la commune de Rahala et l’association du village de Bouzergoune pour effectuer un suivi des mesures mises en place pour répondre aux attentes des habitants-es du village.

Pour voir le documentaire « Le chemin de l’eau », retraçant les effets négatifs des changements climatiques (raréfaction de l’eau ; sécheresse du sol…) sur le quotidien des femmes rurales, cliquer sur : https://www.youtube.com/watch?v=HiKrTU8QnNg.






Source de l'article Euromed women Foundation

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