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samedi 11 mars 2017

Retour sur l’atelier de travail « numérique » du 6 février 2017

A l’occasion de la parution prochaine d’un nouveau Palimpsestes sur « la révolution digitale », rédigé par Pierre BECKOUCHE, membre du Comité Scientifique de l’IPEMED, l’Institut a souhaité réunir le 6 février dernier une dizaine de personnalités pour échanger sur l’impact des transformations numériques en Méditerranée et sur les nouveaux moyens à sa disposition pour y faire face.
Ont ainsi répondu présents : Karim BASRIRE (Maroc Entrepreneurs), Alain DUCASS (energeTIC), Rachid JANKARI (Jankari Consulting), Sami MEBAZAA (TALAN), Antoine-Tristan MOCILNIKAR (Ministère de l’Environnement), Bernard MOREL (Economiste), Jacques OULD AOUDIA (Migrations & Développement), Jean-Louis RASTOIN (Montpellier SupAgro) et Michel REVEYRANT DE MENTHON (Orange).
Cette séance de travail et d’échanges avec l’équipe de l’IPEMED a permis de démontrer la profondeur de la révolution digitale, qui n’est pas seulement technique ou économique, mais sociétale voire anthropologique. De fait, l’ensemble des intervenants se sont accordés sur les constats suivants :
  • Le numérique peut être un « déplaceur » d’inégalités et un accélérateur de fractures, surtout entre zones rurales et urbaines ; 
  • Si l’accès du plus grand nombre à l’internet et aux applications numériques doit être amélioré, l’enjeu n’est pas seulement technique, mais lié également à la capacité des usagers à utiliser ces nouveaux outils ; si bien qu’il ne faut pas négliger le soutien à la formation
  • En Méditerranée, il faut encourager le passage d’une logique de consommation à la production de contenus et au co-développement d’une filière TIC innovante. Au Sud, en particulier, ceci implique le développement de services numériques adaptés aux besoins collectifs et priorités. En ce sens, « l’e-agriculture », les « smart » et « mini grids » et « l’e-gouvernement » peuvent constituer des apports stratégiques ;  
  • Mais « numérisation de la santé » n’implique pas forcément accès à la santé, et il ne faut pas surestimer l’impact des TIC. De plus, les usages innovants du numérique (e/m commerce) rendant plus que jamais nécessaires une transformation structurelle en profondeur des politiques publiques, des schémas de gouvernance traditionnels, des infrastructures, des mécanismes de protection de la propriété intellectuelle ; 
  • Les contours de l’économie numériquene sont pas clairs, au Nord comme au Sud (qui prend le risque financier ? quel est le business model ? Quelles sont les incidences sur l’emploi ? Quelle règlementation nationale ?) et nécessitent d’être appréhendés avec prudence.  Ceci est d’autant plus vrai que les acteurs traditionnels sont dépassés par les acteurs du numérique (cas de l’appel d’offres remporté par IBM, à Malte, pour la gestion de l’eau devant SUEZ).
Face à ces défis, les opérateurs, chercheurs et représentants institutionnels réunis ont plaidé pour :
  • Davantage valoriser le rôle essentiel de la diaspora ;
  • Être à l’écoute des entrepreneurs et de la jeunesse pour la définition de recommandations en matière de politiques publiques ;
  • Définir une vision prospective de ce qu’on veut faire du numérique plutôt que de céder au court-termisme et à l’étude des concepts « marketing » (smart cities, e-commerce, etc.) ;
  • Réinterroger les enjeux liés à l’eau, à l’énergie, etc. sous l’angle de la révolution digitale.
Concrètement, le numérique offre à l’IPEMED la possibilité de consacrer son rôle de catalyseur et d’intermédiaire entre les deux rives de la Méditerranée, et entre les acteurs économiques, politiques, scientifiques, etc. A l’ère du « co » (co-développement, coopération, coproduction), l’Institut pourrait interconnecter et faire interagir des communautés ou écosystèmes entrepreneuriaux, par le biais de plateformes collaboratives.
Dans cette optique, les participants à cette séance de travail ont plébiscité le projet de « plateforme collaborative pour la transition agroalimentaire en Méditerranée » présenté lors de la COP22, à Marrakech, visant à recenser, valoriser et fédérer des initiatives d’alimentation responsables et durables, et à promouvoir une nouvelle gouvernance territorialisée de l’alimentation et de l’agriculture en Méditerranée. Sur le même modèle, à quand la transformation de l’Observatoire de la coproduction en plateforme ? 
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Source de l'article IPEMED

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