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dimanche 22 juillet 2018

Quels nouveaux défis pour la Maison Mode Méditerranée ?


A trente-deux ans, la MMM a contribué au développement de cette filière à Marseille. Aujourd’hui, elle souhaite étoffer ses actions autour de deux grands axes : la formation et la culture.

Faire de Marseille une ville de mode. Tel est le défi auquel s'attelle la Maison Mode Méditerranée depuis sa création, par Maryline Bellieud-Vigouroux, en 1986. Ouverte sur la Méditerranée, l'association agit sur le pan de la culture, en proposant une série d'événements censés faire rayonner le travail des créateurs locaux. Mais sa mission ne s'arrête pas là : la formation est également au cœur de son engagement. Ainsi, la MMM propose depuis 2006, en partenariat avec Aix-Marseille Université, des formations universitaires, à savoir une licence professionnelle et un master. Formations qui sont venues enrichir le curriculum vitae de plus de 500 étudiants, avec "un taux d'insertion de 94 %", affirme Aurélia Vigouroux, co-directrice de la MMM et fille de sa fondatrice.

2016 : Aurélia Vigouroux aux commandes

Car en 2016, Maryline Bellieud-Vigouroux laisse les commandes à sa fille qui, après deux années à Paris, a considérablement étoffé son carnet d'adresse. "L'idée, c'était de redonner de la visibilité à la Maison aux médias et au grand public". C'est à cette fin que la jeune directrice lance en 2016 le festival "Open my Med". Le principe : "un créateur invité dispose d'une carte blanche pour mettre en avant la singularité de Marseille", explique Aurélia Vigouroux, convaincue que ces événements ont développé l'aura de Marseille dans la filière. Lors du défilé de Jacquemus le 25 juin dernier, "tout Paris est venu ici, des dirigeants de grandes entreprises, les médias. Ce défilé nous a donné une visibilité nationale et internationale". A titre d'information, la filière compte 12 000 emplois dans les Bouches du Rhône et génère deux milliards d'euros de chiffre d'affaire en métropole, faisant de Marseille la deuxième ville de mode en France.

Mais pour rayonner, la ville a aussi besoin de créateurs qui réussissent. La MMM veille donc à accompagner les talents qu'elle repère lors de l'OpenMyMed Prize. En trente ans, près de mille marques issues de 19 pays ont profité de ce soutien, de sorte que, "sur le plan méditerranéen, Marseille est aujourd'hui un vrai incubateur. Des personnes viennent s'y former et deviennent nos ambassadeurs", se réjouit la co-directrice.

Pour poursuivre ses ambitions, la MMM a récemment fait appel à Jocelyn Meire pour codiriger la structure. "Mon arrivée correspond à la volonté de se remettre en lien avec le territoire" explique-t-il. Un lien quelque peu érodé depuis que l'association a quitté la Canebière pour une présence plus loin.

Formation et culture : deux axes à étoffer

La nouvelle équipe souhaite étoffer ses actions autour deux principaux axes de travail, à savoir la formation et la culture. "Nous voulons développer une chaire universitaire sur la mode et la responsabilité sociale des entreprises (RSE)", annonce Aurélia Vigouroux désireuse d'adapter l'offre de formation aux nouvelles tendances du marché qui "évolue très vite". Un souhait qui s'exprime également au travers du projet de "Summer camps", consistant en des formations courtes et sur-mesure, à destination des étudiants mais aussi des actifs dans le cadre de la formation continue. Autant d'outils censés permettre aux créateurs marseillais d'être en pointe dans leur domaine.

Qui dit formation, dit également emploi. La MMM organise ainsi des forums de recrutement : job mode, speed meetings. Une offre qui a vocation à se développer, sous des formats différents, avec la collaboration du Conseil départemental notamment.

Pour se développer plus encore, les dirigeants de l'association sont conscients que la mode a besoin des autres secteurs, d'où la volonté de tisser des liens. "Nous sommes en discussion avec la French Tech pour participer au Grand Opening de septembre. Nous aimerions montrer comment mêler mode et digital", explique Aurélia Vigouroux. Et d'évoquer un projet plus lointain encore : une station M. "Il s'agirait d'un lieu où l'on aurait des bureaux, de la formation, des starts-ups, des acteurs de différents secteurs qui auraient en commun leur intérêt pour la Méditerranée". Le tout inscrit dans un projet immobilier à l'image de thecamp.

Des moyens à développer

Mais pour mettre en œuvre ces nombreux projets, la MMM a besoin de moyens, les siens étant encore assez limités. En effet, en plus de l'équipe de direction, l'équipe ne compte qu'une salariée. "Je fais le pari que dans six mois, nous aurons peut-être une ou deux personnes supplémentaires afin de contribuer à la réalisation des projets et à la réflexion sur les prochains", espère Jocelyn Meire.

Pour ce qui est du financement des projets, l'association s'appuie à 66 % sur le secteur privé. Parmi ses partenaires : des marques prestigieuses - Chanel étant son plus gros financeur - mais aussi des enseignes locales comme Sessùn, Kaporal ou American Vintage. La structure est également soutenue par la Ville de Marseille, la Métropole, le département et la CCI MP, mais pas par la Région. "Nous allons essayer de discuter avec elle car la Région est compétente en matière de formation, de développement économique et d'emploi, mais aussi parce qu'elle gère le Fonds social européen dont une grande partie n'est pas utilisé dans notre région", annonce Jocelyn Meire. Des opportunités que la MMM examine sous toutes les coutures. 

Par Maeva Gardet-Pizzo - Source de l'article La Tribune

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