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mardi 15 juillet 2014

2e évaluation de la charte euro-méditerranéenne de l’entreprise : Comment soutenir la croissance et la compétitivité des PME

En dépit des actions mises en place dans l’objectif d’améliorer l’environnement des affaires et ce par la simplification des démarches d’enregistrement des sociétés, la délégation de l’Union européenne a noté dans son rapport que «les progrès restent lents et sont entravés par des problèmes complexes de coordination institutionnelle».

C’est dans la perspective de débattre les résultats d'une évaluation des politiques et mesures de l'Algérie en faveur des PME, que des cadres de la fonction publique, des représentants d'organismes publics et d'associations professionnelles se sont réunis, hier.
Conduite par l'Union européenne, l'OCDE, la Fondation européenne pour la formation et la Banque européenne pour l'investissement, l'évaluation a identifié des domaines où des progrès restent à réaliser. Parmi eux, figure l'amélioration des compétences des entreprises et l'innovation.

Organisé à l’hôtel El Djazaïr, le séminaire qui se déroule du 16 au 18 juin, vise, en premier lieu, à présenter les résultats de l’évaluation des politiques et mesures en faveur des PME appliquées en Algérie. Ces questions seront approfondies à travers une formation qui sera organisée dans le cadre d'un projet régional étalé sur la période 2014-2017, de l’Union européenne, d’un montant de 3 millions d’euros, mis en œuvre par GIZ IS, visant à l'amélioration des politiques en faveur des PME dans la région Sud de la Méditerranée. La rencontre a été rehaussée par une importante délégation de l'Union européenne conduite par M. Marek Skolil, chef de cette délégation en Algérie. 

En ce qui concerne l’Algérie, L'évaluation reconnaît la volonté de diversification économique qui s'est exprimée au cours des cinq dernières années au travers de politiques proactives de développement du secteur privé. Dans le cadre de ce processus, souligne-t-on, « le pays a alloué des ressources importantes à la promotion de l’entrepreneuriat et au soutien des PME. De nombreux éléments essentiels à la création d’une politique globale en faveur des PME sont maintenant en place. Cela représente un progrès significatif par rapport aux données réunies lors de l’évaluation 2008». «Il existe cependant des lacunes importantes dans le cadre politique, en particulier en ce qui concerne la coordination institutionnelle et l’absence de lignes directrices stratégiques», constate l’UE. L’évaluation note, néanmoins, qu’il «reste des défis importants à relever, en particulier en ce qui concerne la coordination interinstitutionnelle et la définition de lignes directrices stratégiques». «L’évaluation, n’est pas uniquement la notre», a noté Mme Marie Corman, représentante de la direction générale pour les entreprises et l’industrie à la commission européenne à Bruxelles, précisant « dans le rapport présenté, aujourd’hui, nous avons inclus les conclusions et les considérations des pays partenaires méditerranéens ». 

« L’Algérie a pris beaucoup d’initiatives, pour promouvoir ces entreprises »
Dans une déclaration à El Moudjahid en marge du séminaire, Mme Corman a affirmé : «nous avons travaillé dans un processus participatif avec l’Algérie et les autres pays. Ainsi dans l’évaluation, on a constaté que l’Algérie avait pris beaucoup d’initiatives, pour promouvoir ces entreprises». A titre d’exemple, elle a cité le renforcement de la coordination avec les autres ministères et l’attention accordée aux PME qui était devenue plus grande qu’auparavant.
Elle a rappelé qu’«en 2008 il y avait deux ministères différents qui s’occupaient l’un de l’industrie et l’autre des PME, ceci sans oublier la multiplication des services d’appui aux entreprises ainsi que l’élargissement des services de soutien des entreprises à l’ensemble des wilayas. Il y a eu certainement des efforts qui ont été consentis en matière d’allocation des ressources pour encourager les nouveaux entrepreneurs à lancer leur initiative », a expliqué Mme Corman.

Dans le même ordre d’idées, elle précise «comme réalisé souvent dans les évaluations, on constate ce qui était fait et ce qui reste à faire. Et là, c’est un peu le prix à payer, par rapport à cette multiplication d’initiatives. Car, lorsqu’il y a beaucoup d’initiatives qui sont prises, habituellement, il y a également un besoin accru de coordination interinstitutionnelle, de mise en cohérence, de dispositifs, de consultation accrue du secteur privé, parce qu’on trouve qu’il existe encore des écarts entre les mesures qui sont décidées essentiellement dans la sphère publique et les besoins tels qu’ils s’expriment dans le secteur privé», explique-t-elle.

Mme Corman a souligné la nécessité d’«améliorer les politiques et les mesures en fonction des résultats de l’évaluation». Menée en 2013 dans le cadre du processus de coopération industrielle euro-méditerranéenne, l'évaluation se base sur le Small Business Act pour l'Europe, le document de référence utilisé en Union européenne pour promouvoir les PME.
Concernant les fonds pour soutenir les nouveaux entrepreneurs et les entreprises nouvellement créées, «ils sont conçus sous la forme de subventions ou de bonifications d'intérêts suivant un mécanisme de sélection qui reste à améliorer pour éviter de financer des projets dénués de perspectives économiques et pour ne pas retarder le développement d’un secteur financier et bancaire davantage basé sur le marché», note encore l’évaluateur. Le rapport observe selon le document, que 96% des PME créées en 2012, étaient des micro-entreprises. 48,6% des PME sont dans le secteur des services, contre 16% dans le secteur manufacturier. Il y a lieu de noter, enfin, que la présentation des résultats sera suivie de deux journées de formation, les 17 et 18 juin, dans 2 des domaines où des progrès sont à réaliser selon l'évaluation "l'innovation et le développement des compétences des entreprises".

Cette formation, la première organisée en Algérie dans le cadre du projet "Amélioration de l'environnement des affaires dans la région Sud de la Méditerranée" aura pour objectif d'approfondir des questions telles que l’offre de formation de qualité comme réponse possible à un besoin de compétences des PME, ou encore la promotion et le financement de l'innovation, en vue de soutenir la croissance et la compétitivité des PME.
Par Sihem Oubraham - Source de l'article Elmoudjahid

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