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dimanche 20 juillet 2014

L'Enquête Euromed met en relief l’optimisme avec lequel la progression de la région méditerranéenne est perçue sur le long terme


Les 838 personnes consultées par l’IEMed, leaders d'opinion, experts en affaires internationales et acteurs significatifs du monde méditerranéen, font un bilan négatif de l’évolution globale de la région au cours des trois dernières années. 

20140707_enquestaMAP.jpgToutefois, cette évaluation contraste avec l’optimisme dont ils font preuve quant à son évolution à long terme, surtout en ce qui concerne l’amélioration de la gouvernance et les questions socio-économiques. 


Telle est l’une des conclusions que l’on peut tirer de la 5e édition de l’Enquête Euromed dont l’IEMed présente, aujourd’hui, les principaux résultats à l’European Policy Centre (EPC) de Bruxelles. 
Au cours de cet évènement, qui s’adresse aux experts et aux responsables politiques et institutionnels, plusieurs personnalités interviendront : le président exécutif de l’IEMed, Senén Florensa, qui présentera les résultats de l’enquête, ainsi que Michael Köhler (directeur pour le voisinage à la Direction générale pour le Développement et la Coopération de la Commission européenne), Rosa Balfour (EPC), Ahmed Kandil (Al Ahram Centre for Political and Strategic Studies) et Alessandro Cortese (Comité de Politique et Sécurité de l’UE).
Tous les résultats de l'enquête seront disponibles prochainement sur le site internet de l’IEMed. 

Principaux résultats de l’enquête

Mutations internes dans la région euro-méditerranéenne
 
L’enquête permet de constater la façon dont sont évaluées la situation socio-économique et l’amélioration de la gouvernance dans l’ensemble de la région. À cet égard, il existe un contraste saisissant entre, d’une part, l’évaluation négative du passé immédiat et, d’autre part, l’optimisme qui se dégage des perspectives d’avenir et de l’espoir d’une amélioration à long terme sur des questions comme l’État de droit, la bonne gouvernance, l’indépendance judiciaire, les perspectives économiques, la qualité de vie, la situation de la femme, ou la liberté d’expression. Par contre, l’amélioration des relations entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire et la réduction des niveaux de corruption sont exclues de ces prévisions positives.
 
En termes de pays, la Tunisie est la mieux placée en ce qui concerne la consolidation de la démocratie, suivi du Maroc, de la Jordanie et du Liban. La Syrie et la Libye sont les lanternes rouges.  
 
Transformations géopolitiques et impact des acteurs internationaux

Dans un contexte international de plus en plus multipolaire, les États-Unis demeurent l’acteur international ayant le plus d’influence sur la région méditerranéenne, suivi de la Russie, l’Iran et la Turquie. Viennent ensuite l’Union européenne, le Conseil de Coopération du Golfe (dont le niveau d’influence est semblable) et, finalement, la Chine, la Ligue arabe et l’ONU. 
 
 
Position de l’UE au sud et à l’est de la Méditerranée 

Pour 67 % des participants à l’enquête, l’Union européenne est perçue comme le partenaire commercial et économique principal des pays méditerranéens. En revanche, ils considèrent que son degré d’influence est moindre pour ce qui est du renforcement de l’État de droit et des réformes démocratiques et la promotion de l’intégration régionale euro-méditerranéenne. Les experts se montrent particulièrement sceptiques en ce qui concerne sa capacité à résoudre les conflits.

Bilan des politiques euro-méditerranéennes
  
En ce qui concerne les politiques de l’UE, 41 % des personnes interrogées considèrent que, durant 2013, elles ont eu très peu d’impact sur les pays partenaires méditerranéens et que, à l’heure actuelle, la priorité première est la mise en œuvre de réformes politiques démocratiques. En ce sens, les résultats de l’enquête indiquentque la politique euro-méditerranéenne dispose encore d’une certaine marge de manœuvre pour élargir son impact sur le renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance.
  
Les priorités suivantes devraient être la création d’emploi, les réformes administratives, la zone euro-méditerranéenne de libre-commerce et la gestion des migrations.  
En outre, l’Enquête évalue l’impact des programmes de la Politique européenne de Voisinage, qui promeut depuis 2004 une approche bilatérale des relations de coopération entre l’UE et les pays partenaires méditerranéens, ainsi que l’ordre de priorité des projets de l’Union pour la Méditerranée.
 
Objectifs et participation
 
L’objectif de l’Euromed Survey of Experts and Actors, que l’IEMed élabore depuis 2009, est de faire le bilan des progrès, des réussites et des lacunes des relations euro-méditerranéennes ainsi que de l’influence et de l’impact des politiques et des stratégies de l’Union européenne sur la région. 
 
Au total, 838 personnes (leaders d’opinion, experts des affaires internationales et acteurs significatifs du monde méditerranéen) ont répondu à l’édition 2014 de l’enquête, qui a pour titre “The European Union in a Transformed Mediterranean: Strategies and Policies” et s’est déroulée entre le 19 février et le 31 mars. Parmi ces participants, 51 % sont issus de l’UE et 48 % des pays partenaires méditerranéens. Le Maroc, le Liban, la Tunisie, la Mauritanie et la Jordanie sont les pays les plus représentés et, du côté européen, la France, la Hongrie, l’Espagne, l’Italie et la Croatie.
 
Quant au profil professionnel des participants à l’enquête, il faut signaler que 45 % sont des experts et des professeurs, 27 % des personnalités du monde institutionnel et politique et 28 % des représentants de la société civile.
  
Informations

Publication en avant-première de rapports qualitatifs
A Multipolar South Mediterranean: the EU in Search of a Role (Rosa Balfour, Director of Europe in the World, European Policy Centre)
Assessing the EU’s policies in the Mediterranean: priorities of the ENP (Michael A. Köhler, Director Neighbourhood, DG Development and Cooperation – EuropeAid)
Assessment of EU Policies in the Mediterranean (Erwan Lannon. University of Ghent and College of Europe)

Source de l'article IeMed

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