Translate

mercredi 6 janvier 2016

Afrique-Méditerranée-Europe, espace pertinent pour de nouvelles solidarités contre le changement climatique

En marge des négociations climatiques au Bourget, IPEMED a organisé une conférence, le 3 décembre dernier, pour questionner le rôle des pays méditerranéens dans la coopération Nord – Sud mais aussi Sud – Sud en vue de la COP21 et de la COP22. 

Cet événement intitulé « Afrique-Méditerranée-Europe, espace pertinent pour de nouvelles solidarités contre le changement climatique ? » a permis de promouvoir une approche intégrée, multi-acteurs et macro-régionale des enjeux du changement climatique et d’échanger plus précisément autour des axes de collaboration déjà à l'œuvre entre le Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne. 

Jaime de Melo, Directeur scientifique de la Fondation pour les Études et Recherches sur le Développement International (FERDI), qui a co-dirigé l’ouvrage collectif Vers une politique du climat réaliste et efficace, paru en décembre 2015, a introduit la conférence en présentant les défis du changement climatique pour le continent africain. Sa présentation, téléchargeable ci-dessous, a insisté sur le constat suivant : si l’Afrique est la région du monde qui contribue le moins au changement climatique, elle est également celle qui devrait le plus en pâtir. Des approches audacieuses en matière de financement du développement sont donc nécessaires : Jaime de Melo a par exemple signalé les travaux de Patrick Guillaumont sur l‘usage qui pourrait être fait d’un indicateur de vulnérabilité physique au changement climatique dans l’allocation des ressources internationales disponibles pour l’aide publique au développement (APD) et pour l’adaptation au changement climatique. 

L’intervention de Saïd Mouline, Directeur de l’Agence marocaine pour le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (ADEREE) a permis d’illustrer, à partir du cas marocain, les mesures pouvant être mises en place en matière d’atténuation du changement climatique et les opportunités pour la coopération Sud-Sud. Saïd Mouline a ainsi rappelé les objectifs ambitieux fixés par le Maroc : 42% de la puissance électrique installée à partir de sources renouvelables, dont 14% en énergie solaire, 14% en énergie éolienne et 14% en énergie hydraulique d’ici 2020 ainsi qu’une économie d’énergie de 12% d’ici 2020 et 15% d’ici 2030. Cette priorité donnée au développement des énergies renouvelables, en particulier le solaire et l’éolien, et aux politiques d’efficacité énergétique répond à la fois à des objectifs environnementaux, économiques, et à la nécessité pour le pays de sécuriser son approvisionnement énergétique. Or la mise en œuvre d’une telle politique volontariste est possible au Maroc grâce à l’existence d’un cadre institutionnel, réglementaire adéquat, d’une Agence dédiée, et nécessite encore un renforcement des capacités, une sensibilisation et la formation de tous. Pour Saïd Mouline, ces derniers facteurs conditionnent la réussite des politiques d’atténuation, d’où la création à Marrakech, en 2013, d'un Centre régional des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique en tant que centre de catégorie 2 placé sous l'égide de l'UNESCO, et l’annonce de la mise en place progressive de trois instituts de formation professionnelle aux métiers des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique(Ifmeree), à Tanger, Oujda et Ouarzazate. La Green Platform qui abrite le premier centre accompagne autant le secteur privé (dont les PME africaines pour une mise à niveau) que les décideurs publics.

Cette démarche inclusive constitue également la raison d’être du Centre de compétence Changement Climatique (4C Maroc), qui se définit comme un « hub pour les informations en matière de changement climatique (CC) ouvert sur son environnement régional et africain ». Dans cette optique, Mohamed Boussaïd, Conseiller Technique Principal du Projet 4C, soutenu par la GIZ, a précisé le rôle de cette plateforme : lieu de rencontre entre politiques, société civile, chercheurs, experts et entreprises ; incubateur de solutions adaptées au Maroc pour lutter contre les effets anticipés du changement climatique, etc. 

«Le Maroc, modèle pour l’Afrique ? » s’est alors demandé Philippe Dessaint, Journaliste à TV5 Monde et modérateur des débats. Pour Saïd Mouline, le Maroc essaye de démontrer qu’un nouveau modèle économique durable est possible et créateur d’emplois, et que « pour l’Afrique, une nouvelle carte est à jouer ». 

Après des échanges avec le public, Jean-Louis Guigou a dès lors conclu la conférence autour de la nécessité de penser les défis climatiques de manière dynamique, intégrée et solidaire. Pour le Président d’IPEMED, le climat peut aujourd’hui devenir un vecteur d’intégration régionale au sein d’une grande région Afrique – Méditerranée - Europe. Une coopération régionale approfondie entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, dans le cadre d’une Fondation « La Verticale – AME » permettrait en effet de promouvoir de nouveaux modes de consommation, de production et d’échanges basés sur une logique d’investissements croisés, de coproduction, de solidarité et de coresponsabilité entre acteurs de la région. 

Source de l'article l'IPEMED

Aucun commentaire: