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mercredi 6 janvier 2016

«Avec l’open sky, le Maroc est un exemple pour les autres pays arabes»

L’open sky a permis de renforcer la compétitivité de Royal Air Maroc. Air Arabia est satisfaite de sa présence dans le royaume, mais souhaite avoir accès au marché africain.

Résultat de recherche d'images pour "Air Arabia Maroc"Air Arabia enregistre une croissance régulière de son activité depuis sa création. Au Maroc, elle annonce une croissance moyenne de 10% par an. Selon Adel Ali, PDG du groupe, le marché marocain présente beaucoup d’avantages comme la qualité de ses infrastructures et le bon fonctionnement de ses aéroports. 
En marge de l’Arab aviation Media Summit qui s’est tenu le 7 décembre à Manama (Bahreïn), M. Ali livre son analyse du secteur aérien au Maroc et dans le monde arabe.

Quel regard portez-vous sur le développement du secteur aérien au Maroc ?

Le Maroc a franchi un pas important avec l’open sky et tous les pays arabes gagneraient à en faire de même. Il faut garder en tête que l’expérience a suffisamment démontré que chaque pays qui ouvre son marché voit sa compagnie nationale devenir plus compétitive, et c’est ce qui s’est d’ailleurs passé au Maroc. Aujourd’hui, avec du recul, on se rend compte que finalement l’open sky a été bénéfique pour le Maroc, non seulement en améliorant la compétitivité de sa compagnie nationale, mais également en améliorant les revenus de l’Etat suite à la croissance du nombre de voyageurs. L’open Sky a également poussé le Maroc à développer ses infrastructures aéroportuaires au point d’en faire un exemple.

Air Arabia est aussi devenu un acteur bien implanté dans le royaume. Quelles sont exactement les facteurs qui peuvent lui permettre d’avoir plus d’envergure ?

Globalement, le marché marocain présente beaucoup d’avantages, sinon nous n’aurions pas créé une compagnie dans le pays. Le premier, c’est bien entendu l’ouverture du marché avec l’Europe. A cela s’ajoute la qualité de ses infrastructures ou encore le bon fonctionnement de ses aéroports. Le seul problème pour nous, c’est l’accès au marché africain. Actuellement, les autorités marocaines réservent le monopole des liaisons entre l’Afrique et le Maroc à la compagnie nationale. Or, nous pensons qu’il serait plus judicieux de permettre à d’autres compagnies comme nous d’y opérer. De notre point de vue, il y a aujourd’hui encore beaucoup de voyageurs africains qui prennent d’autres compagnies étrangères, alors que le Maroc peut les capter s’il développait davantage son offre. A ce niveau, une seule compagnie ne peut répondre aux besoins de tout ce marché. Pour le reste, nous sommes très satisfaits de notre présence au Maroc où notre activité croît en moyenne de 10% par année.

La taxe aérienne imposée l’année dernière n’a-t-elle pas bridé votre activité ?

Cette taxe, comme toutes les taxes aériennes, n’impacte pas qu’une seule compagnie mais toutes les compagnies qui opèrent sur le marché. Le point commun que nous avons avec les autres compagnies est que nous sommes d’accord que tant qu’on augmente les taxes, on réduit les possibilités de voyages des citoyens. Le gouvernement marocain avait certainement ses raisons pour le faire, mais globalement, d’un point de vue purement économique, une hausse de la taxe impacte les secteurs aérien et touristique. Dans ce dernier, il y a en effet une forte concurrence entre les pays. Certains n’hésitent pas à réduire drastiquement leurs taxes pour gagner plus de touristes. Au lieu de prendre 100 DH supplémentaires sous forme de taxe, n’aurait-il pas mieux valu attirer plus de touristes, qui viendront dépenser 5 000 ou 10 000 DH dans le pays ? Economiquement, l’équation est claire. Mais ce genre de décisions est politique.

En somme, il n’y a pas de modèle unique. A propos, pensez-vous que le modèle classique de gestion des compagnies a fait son temps?

Ce modèle était viable par le passé. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, car le marché a beaucoup changé. Si l’on prend exemple sur les services de films et autres divertissements offerts par les compagnies classiques, ils sont très coûteux pour elles, alors qu’en parallèle, le passager a aujourd’hui sur lui tous les outils pour se divertir par ses propres moyens (ndlr : mobile, tablette, console de jeux portable…).

D’ailleurs, les compagnies aériennes qui ont aujourd’hui le plus de difficultés financières dans le monde sont bien des compagnies classiques, alors que celles à bas coût s’en tirent plutôt bien.

Qu’en est-il des principaux indicateurs d’activité d’Air Arabia ?

Nous prévoyons au terme de l’exercice actuel un flux global de 8 millions de passagers, soit une hausse de 11% comparativement à l’exercice précédent. Sur les 9 premiers mois, notre bénéfice a été de 320 millions de dollars et le dernier trimestre s’annonce tout aussi bon.

Quels sont les marchés sur lesquels vous vous portez le mieux ?

Il est difficile de dire qu’un marché est plus important qu’un autre. C’est une sorte de chaîne et chaque marché complète un autre. Toutes les filiales sont importantes. L’essentiel pour nous est que quand nous avons commencé notre activité, nous étions valorisés à 15 millions de dollars et avions loué deux avions pour travailler. Aujourd’hui, Air Arabia dispose d’une flotte de 44 avions et chaque année elle s’en fait livrer six. A la bourse de Dubaï, le groupe est aujourd’hui valorisé à 2,6 milliards de dollars et nous offrons chaque année aux actionnaires un rendement de 7% à 10%. Il ne faut pas dire qu’une filiale contribue mieux qu’une autre à ces chiffres. Dans le secteur, il est bien connu qu’aucune compagnie n’est bénéficiaire sur toutes ses lignes, mais elle peut l’être sur l’ensemble de son activité.

Que pensez-vous du contexte géopolitique qui prévaut dans les pays arabes et son impact sur le secteur aérien ?

Dans les pays arabes, nous constatons une réelle soif pour les voyages. Si globalement, le secteur a crû de 4% cette dernière année dans le monde, dans la région Mena, il affiche 6%. S’il n’y avait pas eu les problèmes géopolitiques, la croissance aurait été comprise entre 12% à 17%.

L’essentiel aujourd’hui est que les pays arabes suivent le modèle d’ouverture de leur marché pour améliorer les possibilités de voyages. A titre d’illustration, les pays européens affichent un ratio de 2,5 voyages par habitant et par an, alors que dans les pays arabes ce ratio n’est que de 0,26. Si on ouvre les marchés, on construit des infrastructures, et on arrive à 0,5 fois, c’est que les pays arabes auront enregistré une croissance de 100% dans tous les domaines liés à l’aérien (ndlr : nombre de passagers, d’aéroports et d’avions).

Source de l'article Lavieeco.

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