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dimanche 29 mai 2016

La durabilité, le grand défi de l'ingénierie touristique

Le Maroc, qui s’est fixé comme objectif de s’ériger parmi les 20 premières destinations mondiales touristiques et s’imposer comme une référence en matière du tourisme durable dans le pourtour méditerranéen et en Afrique à l’horizon 2020, a tracé une feuille de route pour l’ingénierie des produits touristiques durables, qui s’impose comme levier de valorisation optimale des ressources d’un territoire.

Résultat de recherche d'images pour "1er édition du Forum de l’ingénierie touristique à Rabat"Les grands projets structurants lancés par le Royaume consacrent cette démarche directement inspirée de la philosophie du développement durable et qui englobe toutes les formes de tourisme respectueux de l’environnement et soucieux du bien-être des populations hôtes.

Cette philosophie, qui fait de l’innovation son concept-clé, sous-tend de pratiquer un tourisme réparateur et non dévastateur, pour la création d’une dynamique de développement profitable au secteur du tourisme au Maroc.

Le patrimoine naturel et culturel local, caractérisé par son authenticité et ses fondamentaux écologiques, constitue le potentiel touristique matériel et immatériel de toutes les régions du Royaume, sur lequel sont bâtis des territoires touristiques homogènes, diversifiés et durables.

Ainsi, plusieurs sites balnéaires ont été transformés en des produits touristiques durables, pour devenir sources d’ouverture et de mise en valeur des espaces naturels et des cultures locales, ainsi que d’amélioration des conditions de vie des populations locales via la création d’infrastructures de transports, l’amélioration des services collectifs et du cadre de vie et le désenclavement de zones rurales.

Plusieurs projets axés sur la durabilité témoignent de cette vision, tels que les circuits pittoresques thématisés, le grand projet structurant des jardins filtrants de la station Mogador ou l’utilisation de l’eau recyclée au niveau des 8 terrains de golf sur 13 de Marrakech.

« Si les produits touristiques et l’image du Maroc sont très étroitement associés aux séjours soleil et plages, certains projets ont été adaptés à l’évolution des goûts des consommateurs », a relevé M. Mohamed Adrdour, enseignant chercheur spécialisé en développement territorial, dans une déclaration à la MAP.

L’enjeu est de garantir l’intégrité du site touristique et sa spécificité en conformité avec la vision stratégique de développement du secteur du tourisme qui s’appuie sur des principes fédérateurs du tourisme durable, dont la préservation des espaces naturels et du patrimoine culturel, ainsi que l’implication pleine et entière de la communauté locale, qui doit être le premier bénéficiaire du projet.

« La planification et la mise en œuvre des projets touristiques doivent prendre en considération certains nombre de paramètres pour s’assurer d’une utilisation raisonnable des ressources locales », a fait remarquer M. Adrdour.

Dans ce sens, un important effort pour améliorer la qualité du tourisme, sur le plan des services, des infrastructures, de formation et de diversification d’approches a été déployé pour faire profiter le touriste d’une expérience unique du Maroc, connu pour son climat, la beauté de ses sites naturels et son héritage culturel.

A cet égard, M. Adrdour a souligné que « le tourisme national se structure et se transforme en catalyseur de développement durable spécifique, en partenariat avec des opérateurs productifs capables à la fois de s’engager localement et qui prennent en compte les fortes contraintes de compétitivité, de durabilité et de responsabilité sociale », ajoutant que « la réussite de cet enjeu est conditionnée par la poursuite du dialogue autour des défis du secteur à l’échelle planétaire et méditerranéenne ».

Dans cet optique, la Société marocaine de l’ingénierie touristique (SMIT) organise, le 31 mai à Rabat, la première édition du Forum d’Ingénierie Touristique (FIT), évènement phare pour s’exprimer et dialoguer avec tous les acteurs du secteur au Maroc comme à l’étranger, présenter les expériences réussies, partager avec leurs collègues de la méditerranée et d’Afrique pour reformer les destinations locales et jeter les jalons d’un développement touristique durable réussi.

Engagé dans ce processus de durabilité et capitalisant sur sa modeste expérience qui consacre sa volonté d’inscrire son tourisme selon les principes d’un tourisme durable et responsable, le Maroc a proposé, récemment, l’élaboration et l’adoption d’une « Charte Africaine du tourisme durable », dont la version finale pourrait être signée par les ministres africains du tourisme lors de la COP 22 prévue en novembre prochain à Marrakech.

Cette Charte servira de référence pour accroître la sensibilité de l’ensemble des parties prenantes africaines en vue de les rassembler autour d’une démarche de durabilité touristique à l’échelle de l’Afrique et pour initier un cadre fédérateur des efforts de l’ensemble des parties prenantes. Elle comportera des principes généraux pour renforcer le tourisme durable en Afrique, des orientations pour les autorités gouvernementales, et des bonnes pratiques de durabilité à respecter par les opérateurs touristiques et de responsabilité à respecter par les touristes.

Dans le même sens, un réseau d’ingénierie touristique africain et méditerranéen sera créé par le Maroc à l’occasion de ce Forum qui a pour objectif de promouvoir les métiers de l’ingénierie touristique, valoriser son rôle dans le développement territorial, économique et social, et confirmer l’ancrage africain du Maroc et son engagement à œuvrer avec tous les pays africains pour le développement du continent.

Source de l'article le Tribune Maroc

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