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dimanche 29 mai 2016

Près d’une centaine de personnalités lancent l’« Appel de Beyrouth pour une Méditerranée du vivre-ensemble »

L'objectif est notamment de connecter les « modérés » qui se trouvent autour du bassin méditerranéen.

Près d'une centaine de personnalités de la société civile libanaise ont lancé hier, autour de Samir Frangié, l'« Appel de Beyrouth pour une Méditerranée du vivre-ensemble ».
Née, au lendemain des attentats du 13 novembre, de la hantise qu'un mur de la haine ne s'abatte entre les deux rives de la Méditerranée du fait de l'inexorable montée mimétique aux extrêmes de part et d'autre du bassin méditerranéen, l'initiative a pris forme lors d'une visite d'une délégation formée par 14 personnalités fin novembre 2015 à l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, à la Résidence des Pins.
Présidée par l'ancien député Samir Frangié, la délégation était formée de nos collègues Hind Darwish et Michel Hajji Georgiou, ainsi que de MM. Antoine Courban, Sélim Mouzannar, Hassan Rifaï, Sami Nader, Jabbour Douaihy, Chawki Azouri, Charif Majdalani, Ali el-Amine, Moustapha Fahs, Hanine Ghaddar et François Abisaab (invité par le groupe à titre amical).
L'initiative qui est née de cette rencontre et qui doit déboucher sur la création d'un observatoire du vivre-ensemble et l'élaboration d'une « Charte d'une Méditerranée du vivre-ensemble » avait également fait l'objet, en avril dernier, d'une rencontre de Samir Frangié et Hind Darwish avec le président français François Hollande lors de sa visite à Beyrouth.
Cette initiative sera suivie par l'élaboration d'un « Appel arabe pour une Méditerranée du vivre-ensemble », à l'issue d'une rencontre qui aura lieu demain mercredi, à l'hôtel Crown Plaza à Hamra, entre 9h et 14h, en présence de délégations de la société civile venues de Palestine, d'Irak et de Tunisie, avec la participation notamment de personnalités syriennes.
Une conférence similaire est prévue ultérieurement cette année en France.

Le texte de l'appel
Le texte de l'appel est disponible, pour ceux qui souhaitent le signer, en cliquant ici

Nous le reproduisons ici dans son intégralité :
« Face à la violence inouïe qui se déchaîne contre l'homme et sa dignité, en Orient et ailleurs dans le monde,
« Faisant le constat de la responsabilité du terrorisme d'État au Moyen-Orient, notamment celui du régime syrien, qui, depuis 2011, a préparé le terrain à un terrorisme dit islamiste-jihadiste, lequel, depuis 2014, se propage et menace aujourd'hui l'Europe et l'Afrique,
« Prenant acte de la montée des crispations identitaires, de l'intolérance, de la discrimination et du rejet de l'autre, en Europe et au-delà, qui menacent, à terme, la démocratie, et soucieux du principe d'égalité des citoyens en droits et en libertés, garanti par la Déclaration universelle des droits de l'homme,
« Conscients de la valeur inestimable du modèle pluraliste du vivre-ensemble, que les peuples du bassin méditerranéen ont su mettre en place au long des siècles, à travers leur culture et leur mode de vie,
« Forts de l'expérience du modèle libanais du vivre-ensemble, au sein duquel s'associent institutionnellement, dans la gestion de l'État et l'exercice du pouvoir, musulmans et chrétiens ; mais où également, fait unique dans le monde musulman, sunnites et chiites sont également associés dans la gestion du même État,
« Constatant les limites des actions militaires menées contre le terrorisme dit islamiste dans le monde arabe, plus particulièrement au Levant, et face aux risques de dérapage que peuvent comporter les mesures sécuritaires qui se mettent progressivement en place en Europe et qui pourraient menacer les droits fondamentaux de l'homme,
« Nous, signataires de cette pétition, appelons les modérés des deux rives de la Méditerranée qui partagent notre vision à jeter les bases d'une "Charte d'une Méditerranée du vivre-ensemble" et créer un observatoire du vivre-ensemble. »

Les signataires

Voici la liste complète des signataires par ordre alphabétique : Shirine Abdallah, Samir Abdel Malak (avocat), Firas Abi Younès (avocat), Hicham Abou Nassif (professeur d'université), Georges Aftimos (ancien président de l'ordre des médecins), Ali el-Amine (journaliste), Maha Aoun (journaliste), Chawki Azouri (psychanalyste), Assaad Béchara (journaliste), Youssef Bitar (professeur de philosophie), Mary Boghossian Salamé, Jocelyne Boustany (politologue), Fady Bustros (consultant), Yolande Cady (enseignante), Sami Chamoun (avocat), Mohammad Hussein Chamseddine (chercheur), Amal Charif, Marwan Chédid (avocat), Antoine Courban (médecin, professeur d'université), Chawki Dagher (avocat), Hussein Dannawi (avocat), Hind Darwish (éditrice), Jabbour Douaihy (écrivain), Ernest Eid (avocat), Carole Faddoul, Maurice Faddoul (avocat), Diana Fadel, Badia Fahs (journaliste), Moustapha Fahs (journaliste), Chryssoula Fayad (enseignante), Mona Fayad (professeure d'université, psychologue), Hala Frangié (avocate), Samir Frangié (politologue, ancien député), Nadine Garabédian (consultante), Hanine Ghaddar (journaliste), Issa Goraieb (journaliste), Tony Habib (ingénieur), Antoine Haddad (professeur d'université), Élie el-Hage (journaliste), Mayyad Haïdar (avocat), Samer Hajj Chéhadé (conseiller pédagogique), Michel Hajji Georgiou (journaliste), Lina Hamdane (journaliste), Nathalie el-Hani (professeur d'université), Mohammad Harfouche (journaliste), Fatina Homsi, Fady Honein (avocat), Salah Honein (avocat, ancien député), Yasser Ibrahim (dignitaire religieux), Stavro Jabra (caricaturiste), Sana' el-Jaq (journaliste), Abbas Jawhari (dignitaire religieux), Rouba Kabbara (journaliste), Régina Kantara (avocate), Joseph Karam (avocat), Walid Kassir (professeur d'université), Antoine Kassis (ingénieur), Nabil Katra (avocat), Jean-Pierre Katrib (chercheur, consultant), Michel Béchara el-Khoury (ancien gouverneur de la Banque centrale, avocat), Michel Youssef el-Khoury (avocat), Antoine el-Khoury Tok (président de municipalité), Raymond Maalouf (ingénieur), Charif Majdalani (professeur d'université, écrivain), Chebli Mallat (avocat, professeur d'université), Michel Mecattaf, Ghassan Moghabghab (avocat), Câline Morcos (architecte d'intérieur), Élias Moukheiber (avocat), Abdallah Moussallem (avocat), Fouad Moussallem, Sélim Mouzannar, Malek Mroué (journaliste), Sami Nader (consultant), Alexandre Najjar (avocat, écrivain), Ibrahim Najjar (avocat, ancien ministre), Maha Najjar (enseignante), Sandra Noujeim (journaliste), Hassan-Tâbet Rifaat (avocat), Hassan Rifaï (avocat), Georges Saad (professeur d'université), Wissam Saadé (journaliste), Bahjat Salamé (activiste), Mahmoud Sammoura (journaliste), Ahmad Sankari (professeur d'université), Ziad el-Sayegh (écrivain et chercheur), Charbel Skaff (professeur d'université, psychanalyste), Obad el-Sokhn, Farès Souhaid (médecin, ancien député), Nada Souhaid, Akram Succariyé (professeur d'université), Raphaël Tabet (médecin), Louis Tannoury (œnologue), Ihab Torbey, Michel Touma (journaliste), Khaled Ziadé (écrivain, ancien ambassadeur) et Kamal el-Zouki.

Pour mémoire
Une délégation de 14 personnalités suggère à Bonne une « Charte pour la Méditerranée du vivre-ensemble »

Source de l'article l'Orient le Jour

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