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vendredi 3 février 2017

Mohamed VI veut la dissolution de l'UMA après l'admission du Maroc à l'UA



Dans son discours devant les chefs d'Etat et de gouvernement lundi à Addis Abeba, le roi du Maroc a clairement signifié que l'Union du Maghreb Arabe (UMA) pourrait être dissoute dans un proche avenir. Une menace lourde de sous entendus pour l'avenir de l'Union et le Maghreb ‘’des peuples’’.

Certes, l'UMA fait du surplace depuis plusieurs années. Le commerce intra-régional fonctionne au ralenti, avec moins de 3%, et l'absence de dynamique économique coûte un peu plus de 2% de croissance annuelle pour les pays de la région. Est-ce là les raisons qui ont amené le roi du Maroc à menacer l'Union de dissolution ? Dans son discours lundi à Addis Abeba, après l'admission du Maroc comme 55eme membre de l'Union africaine, Mohamed VI a étonné plus d'un diplomate. 
En abordant le volet de l'intégration maghrébine, il a déclaré que ''la flamme de l’Union du Maghreb arabe (UMA) s’est éteinte, parce que la foi dans un intérêt commun a disparu !'' Mieux, il estime que ''l'élan mobilisateur de l’idéal maghrébin (...) se trouve trahi.'' Il ajoute: ''aujourd’hui, nous constatons avec regret que l’UMA est la région la moins intégrée du continent africain, sinon de toute la planète’’, citant l’exemple du commerce entre les pays de la CEDEAO (10%) et la SADC 19%), alors qu’il ‘’stagne à moins de 3% entre les pays du Maghreb.'' Pour lui, ''les pays du Maghreb sont à un niveau de coopération économique très faible'', avant d’affirmer que ''si nous n’agissons pas (...) l’UMA se dissoudra dans son incapacité chronique à rencontrer les ambitions du Traité de Marrakech.'' L'UMA a été créée en 1989 à Marrakech.

Le Maroc, tourné vers l'Europe

Les déclarations du monarque marocain à la fin du 28eme sommet de l'Union africaine, sont-elles annonciatrices de sombres présages pour une UMA dotée de toutes les institutions, mais qui fonctionnent au ralenti? Le constat du roi du Maroc a été fait déjà par celui du patronat algérien. Le 1er mai 2009 à Alger, le président de la Confédération algérienne du Patronat (CAP), et membre fondateur de l’Union maghrébine des employeurs (UME), Boualem M'rakech, avait déjà relevé les prémisses de ce ''non Maghreb''. 
''Les pays de la région du Maghreb perdent 2% de leur PIB par an, en raison des lenteurs accusées dans le processus d’intégration économique de la région'', a-t-il expliqué à l'ouverture du 1er forum des hommes d'affaires Maghrébins. Citant une étude d'un bureau conseil européen, il a indiqué que l’Algérie met sur le marché européen 62% de ses exportations, notamment des hydrocarbures, et en achète 58%, alors que le Maroc réalise 60% de ses échanges (agriculture, textile) avec l’Europe.

Pour la Tunisie, ce sont 78% de ses exportations, qui partent vers l’UE et effectue 72% de ses importations à partir de ce même marché. Le constat de Mohamed VI sur ''le non Maghreb'' est réel, mais le Maroc brille tout autant que les pays de la région par son absence sur le marché régional. D'autant que Rabat a conclu dans les années 2000 au moins trois grands accords commerciaux de libre échange, dont un avec les Etats-Unis, et l'autre avec la Turquie. En plus de l'accord d'association avec l'UE, dont un volet controversé sur la pêche.

Source de l'article Maghrebemergent

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