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mardi 26 mars 2013

Le premier centre Nouvelle Chance, à Khouribga au Maroc


Comment améliorer l’insertion économique et sociale des jeunes, en région Méditerranée ? C’est à ce défi que tente de répondre le réseau Nouvelle Chance (MedNC), destiné à des jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification et des jeunes diplômés au chômage. Le premier centre Nouvelle Chance, à Khouribga, au Maroc, devrait accueillir mille jeunes en 2013.

Lancé à l’initiative de l’Office de Coopération Economique pour la Méditerranée et l’Orient ( OCEMO ), en partenariat avec l’ Ecole de la Deuxième chance de Marseille , il est soutenu par l’AFD.

Le taux de chômage des jeunes le plus élevé du monde Dans les pays méditerranéens , les jeunes recherchent de plus en plus d’emplois qualifiés. En Tunisie, parmi les nouveaux entrants sur le marché du travail, les diplômés universitaires sont en effet majoritaires. Paradoxalement, le marché du travail évolue lentement et le schéma ancien d’une spécialisation en travail peu qualifié reste plus qu’actuel. D’où un taux de chômage élevé pour la jeunesse (le plus élevé du monde), marqué par deux caractéristiques :- il touche plus particulièrement les jeunes diplômés du supérieur et les « drops out » (les jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification)- il est de longue durée. 

Ces deux particularités entraînent un phénomène d’exclusion sociale durable des jeunes, notamment des plus diplômés pour lesquels la file d’attente pour accéder à un travail correspondant à leurs qualifications et compétences est très longue.

Des diplômes inadaptés aux futurs emplois Ces derniers, encore fortement attirés par les emplois publics (et la prime salariale et de stabilité qui les accompagne), se tournent vers des formations peu spécialisées préparant à des concours de recrutement généralistes. Or, les emplois à venir se trouveront davantage dans le développement du secteur privé que dans le secteur public. 

Les jeunes adultes sans qualification et sans aucun soutien social public (la très grande partie n’est pas considérée comme au chômage et donc pas répertoriée) doivent quant à eux retrouver un cadre de réinsertion par la formation, le soutien social et la connivence avec les réseaux d’entreprises dont bénéficient les enfants de l’élite. 

Un changement de mentalité s’impose Un changement de mentalité s’impose afin de replacer la culture managériale de base comme un élément de culture générale et non plus comme un enseignement réservé aux formations spécialisées. Il semble donc urgent pour les pays de : - Réajuster l’approche diplômante classique vers davantage de qualité ; - Développer une approche orientée vers des compétences plus ciblées permettant notamment d’acquérir un socle de connaissances de base en création et gestion d’entreprise.

Les écoles de la seconde chance du réseau MedNC : un modèle innovant Ce projet a pour objectif d’adapter le modèle des écoles de la deuxième chance, d’inspiration européenne, au contexte des pays arabes : en dotant les jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification et les jeunes diplômés au chômage d’un socle de compétences de base et d’un parcours pédagogique avec une expérience en entreprise,

Piloté par l’OCEMO en partenariat avec l’Ecole de la Deuxième chance de Marseille et soutenu par l’AFD, il vise à développer un réseau de dispositifs labellisés « nouvelle chance » destinés à la fois aux jeunes qui ont quitté le système scolaire sans diplôme (les drops out) et aux jeunes diplômés au chômage. Il a pour objectif de proposer une réponse à l’ampleur du défi économique et social que représente le chômage des jeunes dans la région Méditerranée. Ce réseau, porté par les dynamiques internes aux différents pays, se développe à ce jour avec cinq pays partenaires (Maroc, Algérie, Tunisie, Liban, Jordanie). L’enjeu du projet MedNC est d’utiliser les acquis de l’école de la deuxième chance de Marseille et son centre de recherche pédagogique, ceux des réseaux méditerranéens d’écoles d’ingénieurs et de management ( RMEI-RMEM ), tous membres de l’OCEMO. Il s’agit de développer, en Méditerranée, un réseau de dispositifs labélisés « nouvelle chance » opérationnellement mis en place par des associations « nouvelle chance » appuyées par de grandes entreprises et/ou les pouvoirs publics.

La combinaison de l’alternance en entreprise, du suivi individualisé et d’un soutien social Un dispositif labellisé Nouvelle Chance (école ou simple salle de classe dans un établissement déjà existant) propose notamment aux drop-outs et aux jeunes diplômés au chômage : - Un modèle pédagogique innovant qui allie alternance en entreprise, suivi individualisé et soutien social sur la base des principes qui fondent les écoles de la deuxième chance ; - Un socle de compétences de base notamment en création et gestion de petites entreprises (réalisation d’un business plan, recherche de financement, etc.) ; - Un appui à la création d’activités/ d’entreprises par les étudiants des écoles d’ingénieurs et de management membres du RMEI-RMEM, dans le cadre du projet « JEY – Jeunes Entrepreneurs- Entrepreneurship for Youth », projet co-piloté par le Réseau Méditerranéen des Ecoles d’Ingénieurs et de Management (RMEI-RMEM) et l’OCEMO.

Impacts  Le premier centre Nouvelle Chance situé à Khouribga au Maroc devrait accueillir 1000 jeunes en 2013. Etat d’avancement (janvier 2013) Phase de construction et développement du réseau : 2013/2015 Création officielle du réseau MedNC : le 19 octobre 2012 Le 6 avril 2012, une convention entre l’E2C Marseille, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) et l’OCEMO a été signée en vue de l’installation par l’OCP (via son programme OCP Skills) de plusieurs centres labellisés « Nouvelle Chance » dans les villes minières d’El Jadida, Khouribga et Safi.

A l’occasion de la Semaine Economique de la Méditerranée qui s’est tenue en octobre 2012 à Marseille, un MoU multilatéral concrétisant et officialisant la création du réseau MedNC a été signé le 19 octobre par les partenaires suivants : . Maroc : L’Association New Chance, . Liban : La Fondation Nouvel Horizon,
. Tunisie : L’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises, . Algérie : Le Management Development International Institute, . L’OCEMO (Office de Coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient) . L’Ecole de la Deuxième Chance de Marseille . Le Réseau Méditerranéen des Ecoles d'Ingénieurs et de Management (RMEI-RMEM) représenté par Euromed Management.

Le ministère de l’Education jordanien est également impliqué dans ce projet. Au sein du réseau, la Jordanie est représentée par Dr. Abdalla Ababneh, Président du National Center for Human Resources Development, et est à date membre associé du réseau.

En 2012, trois associations Nouvelle Chance ont été créées : - Association Nouvelle Chance au Maroc, présidée par M. Chafiki (Directeur des Etudes et des Prévisions Financières, ministère de l’Economie et des Finances – MAROC) ; - Association Nouvel Horizon au Liban, présidée par M. Bifani (Directeur Général du ministère des Finances libanais- membre du conseil d’administration de la Banque Centrale au Liban) ; - Association Nouvelle Chance en Tunisie, présidée par M. Ben Kahla (Directeur de l’Institut supérieur de comptabilité et d'administration des entreprises) .

Le 12 décembre 2012, une convention de partenariat stratégique et financier entre l’OCEMO et l’AFD a été signée officialisant le soutien de l’AFD à ce projet. Le premier Centre Nouvelle Chance ouvrira officiellement en avril 2013 à Khouribga, au Maroc. Ce centre est financé et mis en place par l’Office Chérifien des Phosphates avec le soutien technique de l’E2C de Marseille et de l’association New Chance Maroc.
Source de l'article Newspress

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