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dimanche 24 mars 2013

Revitaliser le partenariat économique entre Europe et Méditerranée


Malgré la situation politique exceptionnelle, les chiffres des IDE de 2012 en Méditerranée sont plutôt encourageants, et la région montre une bonne capacité de résilience. 2012 est en effet la 4ème meilleure année de la décennie passée, pour les montants d’IDE annoncés.

En dehors de la Syrie, tous les pays de l’est et du sud de la Méditerranée semblent retrouver leur attractivité, et la plupart réussissent à augmenter le montant moyen de leurs projets d’IDE, qui était en diminution constante depuis 2006.
Bien que la position des investisseurs soit encore volatile, il semble que l’Europe ait perdu sa suprématie au cours des deux dernières années. Pour la première fois en 2012, les pays BRIC prennent la première place au palmarès des montants d’IDE en Méditerranée, tandis que le Golfe qui avait abandonné la Méditerranée depuis 2007, a investi l’année dernière autant que l’Europe. Dans cette période où les pays partenaires méditerranéens sont en train de revoir leurs modèles de développement et de gouvernance, en les fondants sur de nouvelles valeurs démocratiques, un retrait des européens serait à la fois un mauvais calcul stratégique, et une mauvaise interprétation des attentes des pays du sud vis-à-vis de leur partenaire historique.

D’une crise à l’autre. Près de quatre ans après le début de la crise des subprimes, qui avait d’abord épargné le sud de la Méditerranée avant de l’entraîner dans ses effets de second tour (baisse des exportations, puis crise de la dette en Europe), l’année 2011 fut marquée par les mouvements démocratiques qui se sont manifestés dans presque tous les pays du sud. Tunisie d’abord, puis Egypte, Lybie, Syrie, mais aussi Jordanie et Maroc. Pour les trois premiers, les régimes sont tombés suite au soulèvement des populations, le quatrième est toujours en guerre civile tandis que les deux derniers ont procédé à des remaniements gouvernementaux ou constitutionnels importants. Seuls l’Algérie, qui a connu cependant quelques manifestations, Israël et la Turquie ont finalement été épargnés par les troubles politiques, et s’en sortent bien dans ce bilan de l’investissement direct étranger (IDE) en 2011 et 2012. Pour tous les autres, les effets immédiats de cette période de révolution et de transition politique sur fond de crise économique en Europe sont sévères.
Malgré cette situation exceptionnelle, les chiffres de 2012 sont plutôt encourageants, et la région montre une bonne capacité de résilience. 2012 est en effet la 4ème meilleure année de la décennie passée, pour les montants d’IDE annoncés. En dehors de la Syrie, tous les pays de l’est et du sud de la Méditerranée semblent retrouver leur attractivité, et la plupart réussissent à augmenter le montant moyen de leurs projets d’IDE, qui était en diminution constante depuis 2006.
Depuis 2008 en effet, les investisseurs ont changé d’approche pour aborder les pays méditerranéens. Si la taille moyenne des projets a diminué, la part des joint ventures (par rapport aux nouveaux projets) augmente chaque année. Même phénomène pour les partenariats, qui ont réellement décollé en 2009 and constitue une forme majeure du développement des entreprises étrangères en Méditerranée (505 projets de partenariats en 2012 contre 645 IDE). Au regard des quatre dernières années, il semble que les investisseurs ont maintenant adopté une approche plus prudente en méditerranée, qui représente en même temps une opportunité pour les acteurs nationaux qui peuvent maintenir leur leadership sur leurs marchés, tout en bénéficiant du support capitalistique, technologique et des compétences de partenaires étrangers.
Bien que la position des investisseurs soit encore volatile, il semble que l’Europe ait perdu sa suprématie au cours des deux dernières années. Pour la première fois en 2012, les pays BRIC prennent la première place au palmarès des montants d’IDE en Méditerranée, tandis que le Golfe qui avait abandonné la Méditerranée depuis 2007, a investi l’année dernière autant que l’Europe. Dans cette période où les pays partenaires méditerranéens sont en train de revoir leurs modèles de développement et de gouvernance, en les fondants sur de nouvelles valeurs démocratiques, un retrait des européens serait à la fois un mauvais calcul stratégique, et une mauvaise interprétation des attentes des pays du sud vis-à-vis de leur partenaire historique.
Il faut aussi relever une tendance encourageante en 2011 et 2012 : la rotation sectorielle des investissements étrangers. Il semble en effet que la crise politique ait favorisé les investissements dans les secteurs productifs (industrie) et les secteurs d’avenir (médicament, logiciel) ou stratégiques (agroalimentaire), au détriment des secteurs traditionnellement leaders (banque, BTP, ciment), qui sont moins inclusifs pour les économies locales. Si cela se confirme, ces projets vont contribuer à donner des réponses concrètes aux demandes de plus d’emploi manifestés par les peuples de Méditerranée.

Par Emmanuel Noutary – Source de l’article ANIMA

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