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dimanche 26 juin 2016

«En Méditerranée, on passe plus de temps à faire la cuisine que n'importe où ailleurs»

Votre livre vient d’être réédité par Arak. Les 30 menus proposés (soupes et veloutés, boureks, salades, plats, desserts, etc.) peuvent aisément être préparés durant ce mois de Ramadhan…


Ce sont 30 menus qui comportent plus de 200 recettes qui portent des appellations traditionnelles ou originales en arabe dialectal ou en berbère. J'avais eu l'idée au départ, de les composer pour les 30 jours du mois de Ramadan pour plusieurs raisons dont trois essentielles. La première c'est de répondre à la question qui devient lancinante pendant ce mois sacré: "Qu''est ce que je vais bien pouvoir préparer pour aujourd'hui?".

La deuxième raison est mon souci de proposer une variété de mets confectionnés à partir de produits et ingrédients naturels, sans additifs, sans colorants et tenant compte de l'équilibré alimentaire indispensable à la santé sachant "la malbouffe" qui commence à s'installer dans notre pays avec ses conséquences néfastes mais aussi pour éviter le gaspillage intolérable qu'engendre les envies folles et démesurées de beaucoup de jeûneurs.

Troisième raison est de répondre aux goûts des jeunes qui peuvent trouver dans mes recettes des saveurs de notre pays mais aussi d'autres contrées, des saveurs plus excitantes pour leurs papilles. Je leur propose des sandwiches, des beignets, des grillades, des jus naturels, des desserts frais...

Vous ne manquez pas de donner des astuces aux lecteurs. D’où tenez-vous ce sens de la pédagogie? 

Je rends hommage aux pédagogues qui furent mes défunts mère et grand-mère les premières à éduquer mon goût afin de savoir différencier les saveurs, la subtilité des parfums comme ceux des épices, des arômes. Elles m'ont aussi enseigné l'art et la manière de cuisiner chaque produit et toutes les astuces pour réussir les mets, pour éviter le gaspillage...J'ai également acquis ce sens de la pédagogie culinaire si j'ose dire grâce à ma passion pour la gastronomie, à mon expérience et à ma formation lors de mon passage comme chef au restaurant gastronomique El Morgane du Sofitel d'Alger dans les années 90

Les recettes d’origines diverses ont un point commun : la Méditerranée. Quelles sont les raisons de cet engouement ? Une passion familiale?

Ah! Notre merveilleuse Méditerranée qui m'a tant séduite et fascinée; qui m'a tant inspirée! Je suis née, j'ai grandi et j'ai vécu dans cette région, creuset où se rencontrent trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Asie et où se mêlent es civilisations plusieurs fois millénaires. Leurs cuisines sont très diverses. Le régime alimentaire méditerranéen est connu par la qualité exceptionnelle des produits, par le temps consacré aux repas et la convivialité qu'ils engendrent. Les habitants de la Méditerranée, dont ceux de notre pays, passent plus de temps à faire la cuisine et à manger que n'importe où ailleurs.

C'est ce qui explique un peu la démarche de mon livre qui raconte chaque jour un met avant d'en donner la recette. Les 200 recettes que je propose sont inspirées de mon milieu familial, de mes pérégrinations et découvertes, de mes rencontres; c'est comme un hommage que je rends à toutes celles et à tous ceux avec qui j'ai partagé "le sel" (el melh) comme on dit chez nous.

Y aura-t-il une suite à votre recueil qui a eu un succès qui ne se dément toujours pas?

Oui, je travaille sur un ouvrage consacré au patrimoine culinaire algérien. Je suis également sollicitée pour réaliser des ouvrages en commun avec d'autres passionnés et professionnels de la cuisine. Je suis vraiment émue de savoir que mon livre rencontrée un franc succès en Algérie, qu''il est demandé en France où il est apprécié par de grands chefs, au Canada...Une lourde responsabilité qui appelle un travail profond, minutieux, persévérant. Ce n'est pas "de la tarte"!

Par Nadir Iddir - Source de l'article El Watan

Rachida Ziouche-Lazrak. «Ma cuisine passion». 
Préface : Mohammed Medjahed. Coll. Saveurs et Couleurs. Ed. Arak, Alger, 2016 (rééd.)

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