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jeudi 25 juin 2015

Appel à contribution : "Traduire le Maghreb" (Expressions maghrébines)

Revue de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures du Maghreb - Vol. 15, no 1, été 2016 : Appel à articles

Résultat de recherche d'images pour "Revue de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures du Maghreb"Ce dossier d’Expressions maghrébines se donne pour but de rendre compte des pratiques de traduction des littératures maghrébines et des débats toujours vifs qu’engendrent ces pratiques. Nous invitons les intervenants à analyser l’histoire complexe et la politique culturelle des traductions, que ce soit vers les langues maghrébines (arabe, français, tamazight/berbère) ou en direction inverse vers d’autres langues. Quelles nouvelles philosophies de la traduction surgissent de ce contexte, et quelle est leur place dans les théories de la traduction, de Walter Benjamin aux critiques de Google traduction ? Les auteurs pourront se pencher sur les différences de classe, de religion et de genre dans leurs analyses de l’état de la traduction touchant au Maghreb.

Les graves mouvements sociaux et politiques qui parcourent actuellement la Méditerranée du sud ont provoqué un regain d’intérêt mondial pour cette région, donnant de ce fait plus de visibilité à la production littéraire et culturelle issue du Maghreb. Ce regain d’intérêt, salutaire à notre avis, nous permettra pourtant de souligner les questions éthiques et politiques propres à la traduction de textes arabes, français ou tamazight vers l’anglais et les autres langues européennes. La traduction a souvent servi à exotiser la littérature maghrébine pour un public occidental ‒ il suffit de penser à la traduction de Al-khubz al-hafi de Mohamed Choukri par Paul Bowles (For Bread Alone/Le Pain nu) ou à la traduction française de Dhakirat al-jasad (Mémoire de la chair) dont des extraits furent mis au programme du baccalauréat. Mais la traduction peut également permettre d’appréhender cette littérature sous un nouvel angle. Ainsi, les traductions vers l’américain de Jacques Derrida et d’Hélène Cixous mettent l’accent sur leur algérianité dans le contexte des études postcoloniales. Nous nous intéresserons aussi aux effets et aux pratiques de la traduction de la littérature maghrébine vers les langues non-européennes, tels que le japonais, le chinois, mais aussi le wolof ou le swahili, et aux nouveaux rapports sud-sud qu’encouragent ces traductions.

En 2002, le Programme de Développement des Nations Unies fit état de la pénurie en matière de traductions vers l’arabe, une lacune d’autant plus ironique étant donné la riche et longue tradition de traduction dans le monde arabophone. Ce dossier se penchera donc plus particulièrement sur les traductions vers et entre les différentes langues du Maghreb. Quels textes sont traduits, et comment la traduction en modifie-t-elle la compréhension ? Les mouvements berbères qui sont survenus au cours des dernières décennies au Maroc et en Algérie nous invitent à considérer les effets politiques de la traduction du tamazight vers les langues dominantes, l’arabe et le français. Quels sont les effets des pratiques et des politiques de traduction sur la longue durée, qu’il s’agisse de la traduction entre le français et l’arabe ou des « traductions » intermédiales (par exemple entre l’arabe classique et le dialecte, voire la lingua franca d’Internet, ‘arabizi) ?

En outre, à l’occasion du cinquantième anniversaire du premier numéro de la revue marocaine Souffles-Anfas, ce dossier voudrait consacrer plusieurs articles aux nouvelles formes de traduction initiées par cette revue à la fin des années 1960. Grâce à sa pratique continue de traduction, Souffles-Anfas dissémina, en français et en arabe, un grand nombre de textes fondateurs du courant tiers-mondiste. La revue s’engagea aussi à remédier à la séparation entre écrivains de langue française et arabe à travers une pratique de traduction entre les deux langues. Nous invitons ainsi des contributions sur la signification et l’apport de cette revue aux débats sur la traduction au Maghreb.

Date limite : 30 juin 2015
Consulter l'appel : www.ub.edu/cdona/em

Source de l'article AUF Maghreb

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