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mercredi 23 novembre 2016

L’attractivité du Bassin méditerranéen reste insuffisante

Résultat de recherche d'images pour "Investir en Euro méditerranée"Onze pays du bassin méditerranéen captent en moyenne 2,5 % des capitaux investis dans le monde. Ils peuvent mieux faire, estime la plate-forme de coopération, Anima.

Malgré un environnement chahuté, la Méditerranée continue d'attirer chaque année de 2 % à 3 % de l'investissement étranger dans le monde. 

« Les crises financières et économiques, les printemps arabes, le terrorisme islamiste et la polarisation culturelle qu'il tente d'imposer, n'ont pas eu raison de l'attractivité de ses économies », constate Emmanuel Noutary, délégué général de la plate-forme de coopération pour le développement économique en Méditerranée, Anima, dans un rapport paru sur « 10 ans d'investis­sements étrangers et de partenariats d'affaires en Méditerranée ».


Deux phases

Au total depuis 2006, 343 milliards d'euros sont venus soutenir le développement économique dans les onze pays du bassin* en finançant directement près de 6.600 projets.

Deux phases ont marqué la décennie écoulée après que la Méditerranée est entrée dans le radar des investisseurs à l'aube du millénaire. En 2005, les « pays Med » attirent 3,2 % des flux mondiaux et la tendance s'accélère, poussée par le vent de privatisations, les réformes et le besoin de diversification des pétrodollars.
Les transitions politiques n'ont pas produit tous leurs effets sur le développement
La crise de 2008 trouble provisoirement ces courants d'affaires, mais, dès 2009, une deuxième phase s'ouvre avec des investissements qui repartent à la hausse pour se stabiliser autour de 30 milliards d'euros par an malgré l'instabilité géopolitique de la région. « Même si les transitions politiques n'ont pas produit tous leurs effets sur le développement, cette attractivité puise ses ressorts dans la confiance en la nouvelle vision économique qu'est capable d'imaginer ce territoire autour de modèles compatibles avec les valeurs d'un islam contemporain », analyse Emmanuel Noutary.
Investissements structurants

Sans surprise, les énergies ­conventionnelles sont en tête des secteurs les plus attractifs, mais elles ont entraîné avec elles des investissements structurants : banque, assurance, BTP, immobilier, télécoms et matériaux ont ainsi recueilli deux tiers des montants investis en dix ans. 2015 marque toutefois un virage, observe Anima : la montée en puissance de secteurs plus stratégiques. « Green tech », santé, aéronautique et technologies de l'information notamment ont couvert l'an passé la moitié des projets financés (272) contre 19 % dix ans avant.

Les Européens restent leaders dans la région

Les investisseurs européens restent leaders dans la région avec 40 % des montants annoncés en 2015. Ils profitent historiquement d'un « bonus de proximité » encourageant l'emploi d'une main-d'oeuvre bon marché et des facilités opérationnelles, industrielles et logistiques. Au total sur la décennie écoulée, ils ont initié la moitié des projets. Mais leur frilosité après le printemps arabe a laissé progressivement s'installer d'autres acteurs venus de Russie, de Chine, d'Inde, du Japon, d'Afrique du Sud et de Corée notamment.

« En deçà des performances que peut espérer la région »

« Cet engagement est cependant en deçà des performances que peut espérer la région », estime Emmanuel Noutary. Hormis en 2006 et 2008, la part des investissements dans la région est restée inférieure à 4 %, son poids dans la population mondiale et, mis à part la Turquie et Israël, tous les pays de la région ont fait moins bien que la moyenne dans le palmarès mondial des investissements étrangers.

Par Paul Molga - Source de l'article Les Echos

(*) Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie, Turquie.

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