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samedi 15 décembre 2012

Forum de Fès sur l'alliance des civilisations: L’'investissement dans le capital humain


Forum de Fès sur l'alliance des civilisations: L’'investissement dans le capital humainAprès trois jours de dialogue et de débat constructif animés par de hauts responsables internationaux, des universitaires, des académiciens, des penseurs, des politiciens, des praticiens, des acteurs économiques, des hommes d’affaires et des représentants des médias internationaux des cinq continents,  la 9ème édition du Forum de Fès  sur l’Alliance des Civilisations, la diversité culturelle et le Partenariat Euro-Méditerranéen, organisé, sous  le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, par  le Centre marocain interdisciplinaire des études stratégiques et internationales et la Commune urbaine de Fès, en collaboration avec plusieurs partenaires marocains et étrangers, les participants ont exprimé leur vision partagée dans une déclaration qui met l’accent sur le fait que les changements politiques vécus par les pays arabes sont un processus qui s’inscrit dans la durée, nécessite une réponse démocratique  qui donne aux peuples leurs droits et permet à l’espace politique de progresser et mener les peuples vers le développement et la prospérité.

Le champ politique national arabe doit être consolidé par des mesures et des décisions démocratiques, tout en focalisant sur les priorités qui intéressent la population arabe, et à leur tête la recherche scientifique et la réforme des méthodes d’éducation et d’enseignement depuis le primaire jusqu’à l’Université.
Selon la déclaration rendue publique par les organisateurs, les défis économiques et les défis de construction des Etats, après les changements politiques, peuvent constituer de réelles menaces pour la transition démocratique. Pour cela, les gouvernements actuels doivent déterminer les domaines dans lesquels il sied d’opérer de réels changements, et à leur tête la recherche scientifique et les méthodes d’enseignement, afin de combler le vide en la matière. Les systèmes nationaux d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et technique ont certes des acquis et des atouts, mais ils souffrent également de dysfonctionnements qui les inhibent et les bloquent, les empêchant de jouer leur rôle moteur et ainsi d’asseoir une société du savoir et d’agir comme levier de création de richesse. 
Pour remédier à cela, il est nécessaire de mobiliser les ressources humaines, de revoir le statut des enseignants chercheurs et des chercheurs en mettant la trilogie évaluation-excellence-reconnaissance du mérite comme base et socle de carrière, à même de dynamiser les chercheurs, de redonner un nouveau souffle au système de recherche nationale et d’assurer la relève pour combler le retard accusé par notre pays dans ce domaine. De même, est-il nécessaire de réviser de fond en comble le mode de gouvernance concernant la planification et la gestion du système national de recherche, en lui assurant cohérence, pertinence et efficience. 
Il s’agit, en particulier, de mettre en place une stratégie globale et une vision à long, urt termes en privilégiant une programmation en adéquation avec les priorités nationales et en la dotant de mécanismes proactifs et simplifiés encourageant les chercheurs et facilitant la gestion des fonds de recherche (notamment un contrôle de gestion a posteriori) et l’ouverture sur le monde.
Par ailleurs, les participants ont accueilli avec joie et grand intérêt la constitution du cadre légal de la nouvelle université et ont salué avec respect et déférence la Présidence d’Honneur du Souverain. Ils ont également apprécié le caractère multi et interculturel de la nouvelle université et ses ambitions quant au rôle moteur qu’elle envisage de jouer  à l’échelle Euro-méditerranéenne, tant au niveau culturel, dialogue et échange entre les cultures, qu’au niveau scientifique, technique et technologique. Pour cela, il faut doter l’Université de moyens adéquats lui permettant d’atteindre ses nobles objectifs et d’être un modèle d’enseignement supérieur, de création et de recherche scientifique et technique de haut niveau.
La déclaration souligne la pertinence d’aider l’Université par une diplomatie pro active lui permettant de conclure des partenariats bénéfiques à l’échelle Euro-méditerranéenne et aussi d’attirer des professeurs-chercheurs de très haut calibre de la diaspora marocaine et de l’étranger, de même que de recevoir les meilleurs étudiants du Maroc, de l’Europe, de la région MENA et de l’Afrique.  La connaissance est la base de développement humain, pour cela, le besoin de l’acquérir devient plus grand, étant donné les répercussions en termes de développement des pays arabes.
Les participants ont relevé le sous-développement relatif de la région arabe dans le domaine de l’acquisition et la production de la connaissance. Pour cela, ont-ils recommandé, chaque Etat arabe doit chercher et développer la ressource humaine nécessaire. Ils ont souligné la nécessité de revoir les différents systèmes nationaux d’enseignement et les modèles de connaissance dominant dans le monde arabe, afin de réaliser le développement humain. 
Ces systèmes souffrent du sous-développement de la société qui les soumet à de nombreux obstacles, aussi a-t-il été préconisé que  les sociétés arabes doivent récompenser l’acquisition de la connaissance et son utilisation à travers l’enseignement et l’apprentissage, la recherche, le développement culturel et tous les types d’expression littéraire et artistique. Il est donc  nécessaire de développer les structures sociales existantes : culturelles, sociales, économiques et politiques, afin d’accroître les chances de la société d’acquérir une connaissance exacte, et pour établir une société productrice d’un mode correct du savoir.
Pour les participants au forum, les acteurs politiques des pays arabes doivent lutter contre la faiblesse du système de connaissance. Cette lutte permettra la propagation de mécanismes sociaux alternatifs pour résoudre les problèmes sociétaux comme le népotisme et le clientélisme. Il faut également lutter contre la fausse idée de l’incapacité de la connaissance à résoudre les problèmes sociaux, économiques et sociaux.
Les participants saluent l’obtention par la Palestine du statut d’Etat Observateur aux Nations-Unies. La lutte palestinienne est la question d’un peuple qui veut, à l’image de tous les peuples de la planète, acquérir la liberté, l’indépendance en toute dignité, sécurité et paix. Ces bases sont le cadre naturel de tout développement humain.
Les participants appellent à la génération d’un enseignement de qualité et  à la création de capacités propres dans le domaine de la recherche et du développement culturel ; à l’élaboration d’un mode de production de la connaissance dans la structure sociale et économique arabe ; à la création d’un modèle de connaissance arabe original, ouvert et éclairé. Ce sont là les cinq piliers pour réformer le contexte social en faveur de l’acquisition de la connaissance, et ainsi renforcer le système d’acquisition des connaissances dans le monde arabe afin d’y établir une société de la connaissance.
Les participants appellent à la consolidation des lois suprêmes et des Constitutions dans les pays qui ont connu des changements politiques, ainsi que les règles juridiques qui reconnaissent le gouvernement du peuple par le peuple, une justice intègre, compétente, indépendante basée sur le respect de la loi.
Ils exhortent à encourager le plus rapidement possible l’acquisition des capacités fondamentales d’auto-apprentissage, ainsi que les facultés d’analyse et de critique qui sont à l’origine de toute création et de toute innovation. Nécessité donc de transformer la finalité de l’enseignement supérieur dans les pays arabes d’une simple formation dont l’objectif est de voir naître des personnes ayant beaucoup d’informations qui deviennent obsolètes, en  un moyen de préparation de citoyens capables de se métamorphoser en des personnes capables d’utiliser le sens de la critique, de l’analyse savante et créatrice. Il faudrait, selon la déclaration, penser d’autres moyens vers une nouvelle économie visant la réduction de la pauvreté et la croissance économique pérenne, en créant un équilibre entre le capital humain, le capital naturel et le profit, participer au développement d’une économie propre et postindustrielle digne du 21ème siècle à travers la création des métiers de demain dans des nouveaux domaines tels que : la production et l’installation des énergies alternatives (par exemple : énergie solaire et géothermale), agriculture écologique, transport « propre », et enfin logement à faible empreinte écologique et à faible coût, promouvoir et soutenir des opportunités de collaboration et d’expression pour les jeunes, en vue de créer des espaces multiculturelles pour le dialogue et l’échange et afin de discuter des problématiques communes et des solutions potentielles qui pourraient mener à des actions ciblées.
Pour les participants au forum, l’apprentissage politique, le processus d’internalisation de la responsabilité civique et de l’activisme politique doivent se faire le plutôt possible, en tant que composantes essentielles de la démocratie participative, elle-même élément du développement durable. Ils appellent à initier une publication, électronique ou sur papier, bimensuelle intitulée « Fez Papers » (les papiers de Fès) qui servira comme plateforme interactive de réseautage parmi les membres du Forum de Fès pour débattre et aborder les développements internationaux et régionaux.
Il est essentiel, selon la déclaration de Fès,  que les dirigeants, et en particulier les gouvernants, les ONG et les industriels, jouent un rôle déterminant afin de créer des sociétés inclusives pour la mobilisation de la jeunesse et le développement de son capital politique dans le but de renforcer la capacité de la société au sens large et à fin de faire face aux défis du 21ème siècle.  Les responsables gouvernementaux et les enseignants doivent travailler main dans la main afin de renforcer le processus d’éducation et d’optimiser les résultats pour une population de plus en plus jeune et diversifiée. Il est nécessaire de préparer les jeunes dans les économies émergentes à faire face à certains problèmes urgents auxquels l’humanité est confrontée, en particulier ceux liés à la science, à la technologie et à l’éducation environnementale, de former et habiliter les jeunes à comprendre les défis posés par les conséquences du réchauffement climatique, le changement climatique et leurs impacts  sur les écosystèmes.
 Il est nécessaire de participer à la création d’une nouvelle compréhension plus profonde du rôle de l’Etat, du secteur privé et de la société civile pour garantir la mobilisation des moyens aussi bien des générations actuelles que futures afin de protéger l’environnement et l’écosystème contre la dégradation.
La déclaration souligne qu’une meilleure collaboration interculturelle, interreligieuse et intergénérationnelle qui privilégie le rôle du dialogue est nécessaire pour trouver des solutions aux problèmes de l’humanité et aspirer à un humanisme mondial.
Enfin, les participants demandent à ce que la Ligue des Etats Arabes crée une Assemblée arabe pour la Recherche scientifique  et le développement. Le CMIESI et le Conseil Egyptien des Affaires Etrangères peuvent élaborer un projet de proposition qui pourra être soumis à la Ligue des Etats Arabes.
Notons que cette édition du forum a été marquée par la cérémonie  de création de l’Université Euro- Méditerranéenne à Fès, placée sous la Présidence d’honneur de SM le Roi Mohammed VI. Cette université est appelée à devenir  un haut-lieu de la science et de la pensée, et un outil de développement du Maroc et de l’espace méditerranéen, étant donné le rôle que jouent la recherche scientifique avancée et l’investissement dans le capital humain en matière de développement.
Source de l'article l'Opinion du Maroc

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