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dimanche 5 juin 2016

Conférence UpM en Jordanie sur la coopération régionale: la résolution pacifique des conflits dans la région de mise

La concrétisation d'une coopération régionale globale dans l'espace méditerranéen passe essentiellement par une solution pacifique, inclusive et consensuelle aux conflits dans la région, a-t-on souligné lors de la Conférence Ministérielle UpM (Union pour la Méditerranée) sur la Coopération régionale et la Planification tenue, jeudi, sur la côte jordanienne de la Mer morte.


Conférence UpM en Jordanie sur la coopération régionale: la résolution pacifique des conflits dans la région de mise

Sur un sujet aussi important que la coopération régionale, objet de cette première conférence ministérielle sur ce thème, il était question d'examiner d'abord son état actuel et les défis auxquels elle est confrontée, pour ensuite tenter des projections sur les conditions à même de permettre à cette coopération d'atteindre son plein potentiel et, pourquoi pas un jour, porter les germes d'une "intégration réussie".

"La concrétisation d'une coopération régionale globale passe par une solution pacifique, inclusive et consensuelle aux conflits en Libye et en Syrie", a dans son allocution indiqué à l'occasion, Amar Belani, Ambassadeur d'Algérie à Bruxelles, Chef de Mission auprès de l'Union européenne (UE). 

Ainsi, l'Ambassadeur tentera d'établir le lien de causalité entre les lenteurs qui marquent le développement d'une coopération régionale globale, en s'interrogeant: est-il soumis (développement d'une coopération régionale) aux aléas du processus de paix au Moyen-Orient et aux convulsions et autres péripéties qui entourent le dossier du Sahara occidental".

Sur ce volet sécuritaire, le diplomate a noté que "l'Algérie a toujours souligné l'importance de la lutte collective et coordonnée contre les menaces transfrontalières, notamment le terrorisme".

En attendant le parachèvement du processus consensuel issu de la déclaration d'Alger, adoptée lors de la réunion des MAE maghrébins le 9 juillet 2012, "nous continuons d'aspirer à la mise en place d'une stratégie sécuritaire maghrébine globale pour faire face aux dangers dont le terrorisme et el crime organisé", a-t-il ajouté. 

M. Belani a fait observer que l'appui de l'Algérie à la coopération Sud-Sud, et d'une manière particulière en Méditerranée occidentale, s'"insère dans un contexte de relations toujours et sans cesse plus étroites avec les Etats de la sous-région, avec lesquels elle partage une parenté historique et sociologique, et un destin commun".

Au niveau maghrébin, l'Algérie revendique son "attachement indéfectible à la construction maghrébine qui procède d"un choix stratégique incontournable et qui constitue un horizon d'attente de même qu'une aspiration légitime des peuples de la région". 

Dans sa conception des choses, l'Algérie considère qu'il serait "inapproprié d'appréhender l'intégration sous le seul prisme de l'ouverture commerciale".

Faisant preuve d'ambition, elle plaide en faveur de la mise en place d'une "communauté économique maghrébine" fondée sur l'investissement interne, la complémentarité et les avantages comparatifs qu'offre chaque pays par rapport aux autres.

En fait, rappelle-t-il encore, l'Algérie, ne cesse, depuis 2012, d'appeler a la refonte de la gouvernance et des institutions de l'UMA pour adapter cette organisation aux mutations en cours dans notre région et pour lui permettre de faire face aux défis qui confrontent notre espace.

Pour l'Algérie, "la coopération régionale signifie mettre en avant nos convergences pour créer ensemble un espace de paix et de prospérité partagée".

"Notre vulnérabilité aux défis et menaces à caractère transnational nous impose également d'améliorer la prévention et de mieux organiser la solidarité et l'entraide pour y faire face", a-t-il soutenu.

En dépit de quelques avancées a mettre au crédit du Partenariat Euromed, dit aussi processus de Barcelone, lancé en 1995 dans cette ville espagnole, et dont l'UpM est venue conforter quelques éléments positifs, il existe encore de grands défis et une importante marge pour le développement et le renforcement de cette coopération dont le potentiel integrationniste est relativement fort.

Les facteurs d'une "distorsion" 

Le fossé et l'écart de développement ne cesse de se creuser entre les deux rives de la Méditerranée. A la différence d'autres régions du monde, le Sud de la Méditerranée n'a pas pu amorcer des processus integrationnistes et a quelques exceptions près, les économies des pays de la région se caractérisent par une offre industrielle peu compétitive et leurs exportations sont encore largement celles de pays en voie de développement, a fait remarquer le diplomate algérien.

L'autre aspect de la coopération économique qui reste décevant, est le volume des échanges entre les partenaires sud méditerranéens. Très faible à l'origine, en raison de l'extraversion structurelle vers les pays du nord, il n'a pas augmenté de manière significative. Le niveau d'investissement de l'Union européenne dans la région reste également peu élevé, bien en deçà des flux d'investissement dont bénéficient d'autres parties du monde.

Egalement, ajoute-t-il, l'existence de différentes institutions intergouvernementales et initiatives au niveau régional a donné lieu à un cadre complexe et une multitude d'acteurs, d'opérateurs et de programmes, ce qui rend l'appropriation des projets et l'alignement sur des normes et priorités communes, une tâche difficile. 

Un autre facteur qui a contribué à provoquer des "distorsions" dans le processus d'intégration fut la conclusion, au niveau bilatéral, d'accords économiques et commerciaux entre l'UE et chaque pays du voisinage Sud. Ceci a généré des "tensions" entre les membres d'un même espace régional et relégué à un rôle secondaire les efforts d’intégration engagés de par le passé.

Cet objectif ne peut raisonnablement se concrétiser sans la constitution d'un fonds spécial, doté de ressources suffisantes et prévisibles, dédié à la région. Le curseur doit être résolument mis sur la promotion de la croissance inclusive, la création d'emplois, et plus particulièrement l'employabilité des jeunes car c'est le gage incontournable pour une stabilisation durable de la région. 

La Conférence ministérielle UpM a été précédée par les réunions des Hauts Fonctionnaires.

Source de l'article APS

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