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dimanche 5 juin 2016

La culture face au terrorisme au coeur du débat à l'Alecso

65 pour cent des jeunes adhérant aux organisations terroristes sont âgés entre 17 et 19 ans, tels sont les chiffres avancés par une étude présentée vendredi par la psychologue spécialisée en adolescence, Lilia Bouguerra, dans le cadre du forum organisé par l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (ALECSO) portant sur le thème "Le rôle du tourisme culturel dans la lutte contre le fléau du terrorisme auprès des jeunes" au siège de l'Alecso à Tunis.


Tirant la sonnette d'alarme quant à ce fléau dont les jeunes sont la première cible, l'étude portant sur les aspects sanitaires, psychologiques et sociaux des adolescents détenus pour des affaires liées au terrorisme a touché un échantillon de 200 filles et garçons âgés entre 13 et 23 ans, détenus actuellement soit à la prison de Mornaguia ou à Bouchoucha.

Lilia Bouguerra a fait remarquer qu'une enfant de 10 ans a été impliquée dans une affaire terroriste. Ceci pour dire que ces groupes ont recours à l'élément masculin pour le front laissant la gente féminine pour des occupations logistiques ou d'accompagnement.

Pour elle, les résultats de cette étude concordent parfaitement avec les études réalisées dans le monde tenant à signaler que le jeune qui se trouve généralement adolescent, ayant connu l'échec dans sa scolarité et sans emploi dispose de ce point de vue de beaucoup de temps libre ce qui le laisse le plus influencé et attiré à la dérive et à la délinquance. Ceci n'empêche qu'une autre catégorie totalement opposée peut intégrer ces réseaux, celle qui dispose de capacités intellectuelles, et potentialités scientifiques et de connaissances énormes et qui sont généralement exploités dans les services logistiques dans les opérations terroristes.

L’étude révèle que 85 pour cent des jeunes ciblés sont issus de familles à revenu limité où complètement démunies, un indice déjà mentionné dans les études à l'échelle internationale.

Ces données ont poussé l'Alecso à soulever cette question en soulignant le rôle de la culture ou du tourisme culturel dans la lutte de ce fléau qui menace la jeunesse et de la mettre au cœur du débat, selon les propos de la responsable du département culture au sein de l'Alecso Hayet Guermazi qui a ajouté que cette rencontre s'inscrit dans le cadre du projet de "la route des Oumeyyades". Ce projet qui touche les trois continents est fiancé par le programme "la coopération transfrontalière" mis en place par le mécanisme européen de voisinage et de partenariat relevant de l'Union européenne (UE).

L'itinéraire culturel des Omeyyades qui concerne sept pays de la Méditerranée (Espagne, Portugal, Italie, de la rive nord) et l'Egypte, Tunisie, Liban et la Jordanie de la rive sud et Est, vise à créer une route touristique transfrontalière unie par le patrimoine riche laissé par l'empire omeyyade tout au long des cotes de la Méditerranée.

Hayet Guermazi a rappelé que la stratégie du Programme prévoit l'organisation d'activités cohérentes dans les pays de la Méditerranée faisant partie de ce projet pour proposer un produit touristique qui repose sur la mise en valeur du patrimoine culturel et civilisationnel commun.

Elle a, dans ce même registre, tenu à signaler que la culture arabe en dépit de sa longue histoire et l'ouverture de ses peuples vers les autres cultures, connait en cette étape cruciale un handicap majeur qui la laisse incapable d'être en phase avec les mutations mondiales accélérées sous l'effet de la mondialisation. Elle a relevé que le maillon faible dans le système de lutte contre le terrorisme dans les pays arabes demeure la culture bien quelle soit" la seule arme pacifique contre toute incitation à la mort" a-t-elle relevé.

Pour y remédier, il est nécessaire a-t-elle précisé d'insister sur l'importance de promouvoir l'échange culturel, capable de contribuer à l'édification économique des pays et à mettre en valeur leurs spécificités en faisant connaitre leurs monuments et sites culturels et historiques? Elle a ainsi appelé à mettre en place des plans cohérents pour préserver les pays arabes et leurs peuples notamment les jeunes.

De son côté, le directeur général de l'Observatoire national de la jeunesse Mohamed Jouili a souligné l'idée de l'importance de la culture de bénévolat à laquelle les pays développés accordent des budgets importants en vue d'inciter les jeunes au volontariat.

Selon les dernières statistiques de l'observatoire, il s'avère que moins de 1 pour cent des jeunes en Tunisie adhèrent à des projets culturels à titre bénévole selon Jouili.

Prenant la parole, l'auteur et chercheur archéologique Faouzi Mahfoudh a souligné la nécessité de préserver cette continuité entre le passé et le présent relevant que nos ancêtres ont été plus ouverts dans ce sens. D’ailleurs, a-t-il indiqué, la présence de gravures latines en Tunisie dépasse le nombre de celui qui se trouve en Europe. Ce qui témoigne selon lui que l'Ilslam n'a pas été imposé par la force.

Autant de preuves qui convergent vers une seule idée, selon les participants: la continuité entre le passé et le présent ne peut être préservée que par la culture.

Source de l'article TAP Info

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