Translate

lundi 26 septembre 2016

Junker promet 44 milliards € d'investissement en Afrique - L'Algérie pourra-t-elle allécher l'UE?

Le gouvernement algérien étant de plus en plus flexible sous le poids de la crise, il est attendu que des mesures fortes soient prises dans le cadre de la LF 2017 pour faciliter l'investissement, qu'il soit étranger ou national.

Résultat de recherche d'images pour "Algérie UE"«Aujourd'hui nous lançons un plan ambitieux d'investissement pour l'Afrique et son voisinage, qui a le potentiel de lever 44 milliards d'euros d'investissement», a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, mercredi dernier, au cours d'un discours au Parlement européen de Strasbourg en précisant que, «si les Etats membres de l'Union européenne y contribuaient, il pourrait monter jusqu'à 88 milliards d'euros». Cette nouvelle aide, destinée à offrir plus de perspectives aux pays africains et de limiter l'émigration économique vers l'UE, est considérée par Jean-Claude Juncker comme, «cruciale à un moment où la croissance économique dans les pays en voie de développement est à son plus bas niveau depuis 2003» et permettrait d'ouvrir «des perspectives à ceux qui sinon, entreprendraient un dangereux voyage dans l'espoir d'une nouvelle vie». Ces investissements visent, en contrepartie, à obtenir de l'Afrique qu'elle fasse plus d'efforts dans sa lutte contre l'immigration clandestine et qu'elle accepte beaucoup plus de «réadmissions» de ses ressortissants puisque, pour l'heure, seulement 40% des migrants irréguliers ayant reçu dans l'UE l'injonction de retourner dans leur pays d'origine sont «réadmis» en raison d'un manque de coopération et de moyens des pays d'origine.
L'Algérie, pays pourvoyeur de migrants clandestins et également lieu de transit pour ceux qui viennent d'Afrique subsaharienne, est directement concernée par la lutte contre ce phénomène d'autant plus que la contrepartie offerte par l'UE est le soutien à l'investissement dans le continent noir à travers l'allocation de 44 milliards d'euros à cet effet. De ce fait, le gouvernement algérien fera sans doute l'effort requis pour avoir sa part du lot en brandissant notamment les indicateurs positifs de l'économie du pays: croissance appréciable, rééquilibrage du PIB, augmentation des investissements, baisse du chômage, infrastructure de base, etc. Néanmoins, la stabilité macroéconomique de l'Algérie ne constitue pas un gage d'attractivité pour les investisseurs étrangers. Il est vrai que l'Union européenne exige comme contrepartie principale la coopération des Etats africains dans la lutte contre l'immigration clandestine. Mais, pour investir 44 milliards d'euros, il est indispensable que les conditions d'une rentabilité, même relative, soient mises en place. Or, en la matière, l'Algérie est souvent critiquée par les institutions internationales qui la mettent toujours au bas de l'échelle en matière de flexibilité du climat des affaires, de liberté économique, de transparence, d'administration, etc. Tout récemment, le think tank canadien Fraser Institute a publié un rapport, intitulé Economic Freedom of the World, dans lequel il situe l'Algérie comme étant l'un des pays les plus touchés par «le manque de liberté économique». Ce rapport, se basant sur les données de 2014 dans 159 pays, classe l'Algérie à la 151e place, avec un score de 5,15/10, après l'Iran et avant le Tchad et l'Argentine. A cet égard, le rapport en question n'est pas loin de la réalité. En effet, il est à souligner que l'Algérie est un des rares pays au monde où une personne qui veut créer de la richesse et de l'emploi est tenue de solliciter une autorisation auprès d'instances politiques. En effet, pour lancer un projet industriel qui dépasse les 5 milliards de dinars, l'investisseur algérien doit d'abord informer le Conseil national de l'investissement (CNI) s'agissant d'une affaire privée ou le Conseil des Participations de l'Etat (CPE) si l'investissement relève du secteur public économique.
Cette obligation de solliciter une autorisation constitue la plus grande entrave institutionnelle à l'investissement à côté de la fermeture de plusieurs secteurs à l'investissement privé. Ceci dit, le gouvernement étant de plus en plus flexible sous le poids de la crise, il est attendu que des mesures fortes soient prises dans le cadre de la LF 2017 pour faciliter l'investissement, qu'il soit étranger ou national.

Par Amar INGRACHEN - Source de l'article Lexpressiondz

Aucun commentaire: